Sur le barrage filtrant de Gillot, les transporteurs saluent une "victoire", mais préviennent : "on n’a pas gagné la guerre"

Après la réunion à la Région, la tension retombe sur le barrage filtrant de Gillot. Les transporteurs saluent des avancées jugées « historiques », tout en annonçant une poursuite du combat face aux pétroliers.
Sur le rond-point de Gillot, le ton est à la fois à la satisfaction et à la prudence. Quelques heures après la réunion à la Région, les transporteurs revendiquent une avancée majeure dans leur mobilisation. « Ce qui a été conclu, c’est quelque chose d’historique », affirme Jean-Éric M'Doihoma, secrétaire général de l’OTRE. « Après beaucoup de bagarres, on est arrivé à 5 centimes de plus. »
Au total, les professionnels estiment avoir obtenu 15 centimes d’aide régionale, auxquels s’ajoutent les dispositifs de l’État. Mais au-delà des chiffres, c’est surtout la méthode qui marque une rupture. « La Région nous demande de s’allier directement à elle pour aller frapper à la porte de la SRPP », insiste le représentant syndical, évoquant un « changement de paradigme ».
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Dans les rangs, la mobilisation est perçue comme un tournant. Jean-Gaël Rivière, président de la FNTR, détaille les gains obtenus après plusieurs jours de négociations : « Aujourd’hui, pour les transporteurs, on a pu récupérer 23 centimes, et même davantage avec les aides pour les taxis et VTC. » Il insiste toutefois sur la difficulté du mouvement : « Le combat était rude… mais on a pu maîtriser. »
« On a gagné une bataille, on n’a pas encore gagné la guerre »
Malgré cette avancée, le message reste clair : rien n’est réglé. « On a gagné une bataille, on n’a pas encore gagné la guerre », martèle-t-il. Une formule reprise sur le piquet, où l’objectif dépasse désormais les seuls professionnels. « On n’a pas mené une bataille uniquement pour les transporteurs, mais pour toute la population réunionnaise. »
La suite se jouera désormais ailleurs. Les transporteurs attendent des engagements du Département, des communes et surtout des pétroliers. « C’est une bataille qui commence dès demain », préviennent-ils, évoquant une mobilisation collective avec les parlementaires et les institutions pour obtenir une baisse des prix à la pompe.
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Dans ce contexte, la suspension de la grève apparaît comme une pause stratégique. « On a pris la décision de suspendre pour permettre au monde économique de reprendre », expliquent les représentants, tout en laissant planer la menace d’un durcissement. « Si jamais il faut aller plus loin, on ira plus loin. »
Sur le terrain, la mobilisation a aussi laissé des traces. Les syndicats saluent une unité inédite, avec jusqu’à 21 organisations mobilisées, et remercient la population pour son soutien. Mais tous le répètent : la séquence ouverte dépasse désormais le simple cadre d’un conflit social.
Elle pourrait bien redessiner les rapports de force autour du carburant à La Réunion.


