Evollys : Pour éviter les réquisitions, les salariés votent la reprise du travail mais restent mobilisés

Les gendarmes n'auront pas besoin de s'assurer que les 40 salariés d'Evollys ont bien été réquisitionnés par le préfet pour prendre en charge les volailles des éleveurs.
Du côté des services de l'État, on justifie cette décision par un risque sanitaire dans les élevages. "Il y avait un vrai danger à cause d'étouffement et d'une surmortalité. Le préfet a pris cette décision afin d'abattre en site propre, c'était notre seule solution", souligne la préfecture.
Entrée en vigueur ce matin, l'État a pour autant attendu un peu avant d'envoyer la maréchaussée faire appliquer l'arrêté, des discussions entre les salariés ont eu lieu pour voter ou non la fin de la grève, cette dernière piste étant l'option privilégiée.
Fin de la grève, mais pas de la mobilisation
Finalement, en milieu de journée, les salariés ont décidé de reprendre leurs postes, sans pour autant revenir sur leur rejet du projet porté par l'Urcoopa.
Dans un communiqué, les salariés précisent : "Une fin de grève mais pas la fin du combat". Ils déplorent l'arrêté de réquisition pris par le préfet qui oblige 55 personnes à reprendre le travail.
"Cette situation est inacceptable, l’Etat bafoue le droit de grève, nous n’accepterons plus JAMAIS d’abattre des volailles pour les détruire comme nous l’avons fait pendant des années sous la gouvernance du groupe URCOOPA." - Les salariés de l'abattoir
Ils rappellent aussi : "Par ailleurs, nous avons à cœur de respecter le travail de nos éleveurs." Les employés ont décidé reprendre le travail car : "Il est impensable de laisser 55 de nos collègues travailler sans que les autres ne les rejoignent."
De son côté, le directeur Cédric Duchemann salue la décision des salariés.
"Je salue cette décision qui est un geste symbolique très important. Aussi fort et remarquable que leur arrêt de travail, débuté ce lundi. Ces salariés ont montré leur sens exemplaire des responsabilités et leur profond respect pour les éleveurs et les consommateurs réunionnais. Ces salariés montrent aussi un grand esprit de solidarité, d'abord exprimé avec la direction qu'ils soutiennent pleinement dans la bataille juridique actuelle, puis avec les personnels qui auraient pu être réquisitionnés par la préfecture." - Cédric Duchemann
Le président des sociétés Evollys tient à préciser : "Ce mouvement spontané a été la traduction de la grande inquiétude du personnel de l'abattoir, et un moyen d'alerter les autorités et décideurs sur le danger que représente un retour de l'URCOOPA à la gestion de leur abattoir."
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"Cet abattoir, c'est aussi l'outil des éleveurs"
La décision de reprendre une activité est un soulagement pour Patrick Leveneur, le président d'Avi-Pôle, qui voyait l'inquiétude monter chez les éleveurs dépendant de l'abattoir. "C'est une très bonne nouvelle. De toute manière, on n'aurait jamais laissé gaspiller de la viande de cette manière, quand on voit le nombre de familles en difficulté sur l'île. Il fallait redémarrer l'activité pour se mettre maintenant à la table des négociations. Nous comprenons leur combat, nous aussi, on se souvient de l'ancienne direction. Mais ils ont une seule demande, qui ne dépend que d'une décision de l'administrateur judiciaire. Nous pensons que ce n'est pas la bonne méthode de bloquer l'abattoir, car cela met les éleveurs en difficulté. Quand nous avons manifesté devant Evollys, nous n'avons empêché personne de travailler. Cet abattoir, c'est aussi l'outil des éleveurs", précise Patrick Leveneur.
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