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Grève à Evollys : Les éleveurs refusent l'euthanasie de leurs volailles

En marge du conflit qui secoue actuellement l'abattoir Evollys de l'Étang-Salé, les 120 éleveurs réunis au sein de la coopérative Avi-Pôle s'inquiètent du sort réservé à leurs élevages. Le risque ? Que leurs volailles soient euthanasiées en raison de l'indisponibilité de l'abattoir.
Ecrit par Julien Delarue – le mardi 10 septembre 2024 à 11H10

« Il faut penser au bien-être animal. Nous respectons une réglementation stricte dans nos élevages. Avec la grève à l'abattoir, nous risquons de dépasser ces normes. Il va y avoir des problèmes dans les exploitations avec un risque de perte massive de nos animaux », explique Patrick Leveneur, président d'Avi-Pôle. L'abattoir Evollys, qui emploie plus de 400 salariés, traite environ 50 000 volailles par jour.

 

Abattoir Evollys : Les salariés se mettent en grève illimitée dès lundi

 

Aujourd'hui, une réunion se tient avec les autorités publiques pour faire le point sur la situation à l'abattoir. Le risque soulevé ? « Qu'on nous demande d'euthanasier nos animaux. » Pour la coopérative, cela serait un manque de « respect pour le travail des éleveurs et pour les consommateurs. » De son côté, l'État envisage des réquisitions si le blocage à l'abattoir persiste.

"Les éleveurs vivent au quotidien avec leurs animaux, c'est leur vie"

Avi-Pôle refuse de revivre les événements de 2017. « On attaque l'Urcoopa de toutes parts, mais il faut rappeler qu'elle appartient aux agriculteurs. Nous sommes en contact permanent avec les éleveurs. Il faut les rassurer. De leur côté, les syndicats restent dans l'attente des évolutions », souligne Patrick Leveneur.

« Nous, on se lève chaque matin pour mener nos vies. Je ne veux pas que salariés et éleveurs soient pris en otage. Les éleveurs vivent au quotidien avec leurs animaux, c'est leur vie. Chacun devra prendre ses responsabilités », prévient le président d'Avi-Pôle.

Enfin, Patrick Leveneur tient à rassurer les salariés d'Evollys : « J'entends dire qu'ils vont être licenciés et que la chaîne sera robotisée. Non, ce n'est pas le cas. Nous devons continuer à créer de l'emploi, à partager les richesses, et à développer la filière. Il faut récupérer ce qui appartient aux agriculteurs. Evollys n'appartient pas à Duchemann. Cet abattoir incarne l'esprit coopératif. »

Pour rappel, Avi-Pôle regroupe 120 éleveurs et gère également un couvoir employant 35 salariés et 5 éleveurs.

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