Abattoir Evollys : Cédric Duchemann répond aux attaques de l'Urcoopa

Zinfos974. Vous êtes au cœur d'une bataille juridique avec l'Urcoopa, notamment au sujet du protocole de 2017. Comment abordez-vous ce problème ?
Cédric Duchemann. C’est bien Henri Lebon, président de l’Urcoopa, qui a déclenché cette bataille, et qui s’épanche aujourd’hui dans une certaine presse. Il se permet de rendre public l’ensemble de son dossier déposé au tribunal, et qui sera prochainement jugé. Bien sûr, l’ensemble de ses chiffres et arguments sera contesté et débattu devant le juge-commissaire, lorsque le moment sera venu. Je respecte trop le travail et l’intégrité du
juge-commissaire pour rentrer dans ce jeu, c’est une affaire qui mérite que l’on soit sérieux et que l’on garde son calme !
L'Urcoopa refuse l'application de ce protocole et souhaite garder le contrôle de l'outil coopératif des éleveurs. Que pensez-vous de cette position ?
C’est la position de l’URCOOPA, alors pourquoi est-on venu nous chercher en 2017 ? Savez-vous que M. Henri Lebon lui-même a approuvé, en réunion de conseil d’administration, cet accord en disant que soit la Soficoop part gagnante avec Duchemann, soit la Soficoop perd seul ? On a bien compris que l’Urcoopa instrumentalise une procédure de sauvegarde pour revenir sur l’accord, signé sous aucune contrainte, ni menace, par toutes les parties. L’Urcoopa n’a jamais prouvé qu’elle était capable de développer la filière avicole au mieux des intérêts de éleveurs. La coopération est un outil parmi d’autres, ce n’est pas une garantie universelle de réussite, ni la seule voie possible.
Vous avez expliqué avoir repris l'abattoir en 2017 alors qu'il était en très mauvaise santé financière. Quelle est la situation aujourd'hui ?
Le complexe avicole de l’Etang-Salé est aujourd’hui en très bonne santé. Pour preuve la cotation bancaire délivrée par l’IEDOM a été relevée de plusieurs points et nous avons pu dégager l’Urcoopa de l’intégralité de ses cautions bancaires. Que demander de plus ?
Depuis lundi, les salariés de l'abattoir sont en grève. Quel message souhaitez-vous leur adresser concernant leur mouvement ?
Leur mouvement est parfaitement légitime, je comprends leur inquiétude. Ils me l’ont déjà fait savoir par une pétition qui m’a beaucoup ému. Cependant, il est important de préserver autant les éleveurs que les clients, c’est-à-dire l’ensemble d’une filière qui est aujourd’hui reconnue à La Réunion, avec le travail collectif qui a été fait depuis 2017. Sans les éleveurs et sans les clients, nous ne pourrions pas exister.
Justement, les éleveurs s'inquiètent également de l'impossibilité de traiter leurs élevages. Que souhaitez-vous leur dire ?
Nous nous efforçons de convaincre les salariés de reprendre le travail pour effectuer le plus vite possible les enlèvements dans les élevages. Nous devons faire preuve de responsabilités et, malgré la colère et l’inquiétude, je compte sur l’ensemble du personnel pour nous accompagner dans cette démarche respectueuse.
Enfin, si la grève venait à se prolonger, quelles en seraient les conséquences pour les consommateurs ?
Des ruptures certaines dans les magasins, le temps de relancer la machine. Mais nous ne le souhaitons vraiment pas. Toutefois, je le redis, écoutons bien le message des salariés !


