Parc du Volcan : L'autorisation environnementale validée mais avec "des prescriptions difficiles à tenir"

Le préfet a tranché et accordé l'autorisation environnementale au projet de Parc du Volcan porté par la commune du Tampon.
Dans les cartons depuis 25 ans, le projet touristique avait également obtenu un avis favorable sans réserve du commissaire enquêteur malgré celui défavorable de la Commission départementale de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF) et des recommandations de la Mission Régionale d'Autorité environnementale de La Réunion (MRAE).
L'arrêté préfectoral publié ce 14 novembre vient ainsi autoriser l'aménagement du parc de loisirs de 18,5 hectares dont seulement 11.7 finalement seront aménagés sur le Champ de Foire à Bourg Murat. Deux parcelles ayant été retoquées, le projet perd une de ses deux serres géodésiques pour les plantes endémiques mais aussi son amphithéâtre, des places de parking et une passerelle immersive. Reste à la mouture finale du projet, le “pumptrack", les pistes de VTT, les aires de jeux et de pique-nique, une plaine sportive avec agrès, une serre géodésique, deux bâtiments d'accueil du public, des structures couvertes et 549 places de parking.
Des prescriptions environnementales qui ont un coût
Pour réaliser ce projet, la mairie devra en revanche respecter les prescriptions environnementales sur un site en partie en zone naturelle d'intérêt écologique. Elle devra avant toute chose s'associer à un coordonnateur environnemental et un expert écologue.
Les travaux de défrichement, hors zone humide et hors zone interdite, devront commencer entre mai et juillet pour éviter la période de reproduction de la plupart des espèces d'oiseaux et de papillons. En cas de découverte de nids de papangues et du tout autant protégé oiseau blanc, les travaux devront être reportés dans l'attente de l'éclosion des œufs et l'envol des oisillons. Une autre mesure vise également à éviter la destruction des œufs ou chenilles du protégé papillon La Pâture. L'utilisation de produits phytosanitaires est interdite et des règles d'hygiène pour garantir la biodiversité font aussi partie des prescriptions.
Un certain nombre de mesures listées dans l'arrêté préfectoral valent tant en phase de travaux que d'exploitation pour un coût estimé par les services de l'Etat à 600.000 euros voire 700.000 euros sur trois ans.
"Assurer la vigie"
“Des prescriptions draconiennes et difficiles à tenir”, commente Jacques Aulet de l'association Domoun la Plaine qui se satisfait de l'annulation du projet de tyroliennes et d'une réduction d'un 1/5ème du parc.
“Le préfet a pris toutes ses responsabilités voire pris en compte nos nombreuses alertes depuis le début de cette affaire”, se félicite son président Gilbert Laporte. “Parmi les prescriptions, certaines sont rédhibitoires pour le démarrage des chantiers", estime-t-il. “Domoun La Plaine a eu raison de se battre comme elle l'a fait. Elle continuera à assurer la vigie en phase de travaux et d'exploitation. L'arrêté préfectoral nous fournit à présent un corpus juridique pour mettre le projet sous surveillance et au moindre écart saisir le tribunal administratif en référé”.
Le projet continue donc sous surveillance. Ce lundi, les conseillers municipaux vont voter l'attribution des lots pour la réalisation des voiries, des jeux ou encore des éclairages.


