Ridaï-Mdallah Mari condamné en appel à la perpétuité

Pour autant et malgré les touchantes auditions de la mère et de la soeur de Vanina, Ridaï-Mdallah Mari était resté de marbre et n'avait exprimé aucun regret. Il faudra attendre le deuxième jour, dès la reprise des débats, pour qu'il s'excuse et assure regretter le mal qu'il avait fait à la victime et à sa famille en leur disant :‘J’espère qu’un jour vous pourrez me pardonner" . Cet état de grâce chez l'accusé fut de courte durée puisque quelques heures plus tard, il s'emportait à l'encontre de Me Saubert, avocat des parties civiles, et médusait l'assistance en assénant : "Je ne regrette rien ! Si je devais le refaire, je le referais. Je n’ai pas de regrets d’avoir tué le diable".
Ce vendredi, ce sont les réquisitions de l'avocate générale qui débutent. Comme elle le soutient avec force et détermination : l'accusé n'est pas fou. De son point de vue, son discernement était certes altéré mais certainement pas aboli au moment des faits. « J’ai pris un malin plaisir, je voulais aller au procès pour voir la tête des parents » déclare Emmanuelle Barre reprenant les propos de Ridaï Mari qui s'adressait à ses gardiens avant de quitter sa geôle en direction de son premier procès en 2020.
"Ces propos sont-ils ceux d’un fou irresponsable ou d’un pervers déshumanisé ?", questionne la représentante de la société. "Pour lui, et je le cite, le massacre de Vanina est un dramatique accident relationnel. Est-ce que parce que l’acte est fou il est obligatoirement commis pas un fou ? Ça nous rassure de nous dire qu’il est fou. On préfère ne pas penser que l’humanité a pu engendrer un être aussi horrible alors qu’il a, depuis l’adolescence, la violence ancrée en lui."
Pour le ministère public, Emmanuelle Barre rappelle ensuite que tout au long de son second procès, l'accusé a tout fait pour que les jurés d'assises le prennent pour un fou. "Il a essayé de mystifier la cour d’assises. Il est dans le théâtral, c’est un comédien."
Après avoir démontré l'acte de préméditation et qu’il n’y avait pas abolition au moment des faits, la perpétuité a été requise à l'encontre de Ridaï-Mdallah Mari, assortie d'une période de sûreté de 22 ans. Un suivi socio-judiciaire de 30 ans avec injonction de soins et une interdiction de paraitre à La Réunion sont également proposés à la cour. "C'est le mal incarné, je demande la mise en place d’une rétention de sûreté après la peine".
En défense, Me Nicolas Normand, révoqué par son client puis commis par la présidente de la cour d'assises, commence sa plaidoirie en rappelant que dès les premiers instants de la garde à vue, un psychiatre a estimé que Mari avait eu une abolition du discernement. Même après la demande de la juge d’instruction de le revoir sept jours après, l’abolition avait été confirmée. "Puis, deux psychiatres de métropole le voient en dualité, il est aboli. Il est jugé irresponsable par les spécialistes", explique la robe noire qui précise que "l'opinion publique ne supporte pas que quelqu’un puisse ne pas être jugé pour ses actes".
"On est en présence d’un dérangé mental sévère. Vous avez vu ce qu’il a fait ? C’est affolant ! Ce n’est pas un assassinat c’est un meurtre, on requiert le maximum parce qu’on ne veut pas qu’il s’en sorte. Vous n’avez rien qui prouve un assassinat. Il ne veut pas être interné, vous l’avez compris, il veut purger sa peine mais ce qu’il a fait est un meurtre. Sa vie est finie et il le sait. Le plus important dans la peine que vous allez prononcer est la rétention de sûreté car c’est plus qu’une perpétuité", plaide Me Normand.
Le conseil, à l'issue de sa plaidoirie, se tourne vers l'accusé à qui la parole va être donnée en dernier :"Essayez d’être le plus bref possible et le plus respectueux possible devant cette mère et cette sœur quand vous prendrez la parole".
Verdict
Les jurés n'ont pas retenu l'abolition du discernement mais bien l'altération. La possibilité d'une atténuation de peine a donc été exclue.
Ridaï-Mdallah Mari a été condamné à la perpétuité en appel. Cette peine est assortie d'une période de sûreté de 22 ans et de 30 ans de suivi socio-judiciaire. Il a par ailleurs maintenant interdiction de paraître à La Réunion et risque 7 ans de prison en cas de manquement.
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