La "guérisseuse de l’Est", Vivienne Beaupreau, jugée en appel

" J’ai toujours respecté la loi, je respecte la justice française, c’est un complot et ça fait 10 ans que je suis soit sous contrôle judiciaire, soit en détention", déclarait à nouveau Vivianne Beaupreau, 60 ans, devant les magistrats de la cour d’appel, l’avocat général et son avocat qui se trouvaient dans la bibliothèque de la cour, la détenue sur un écran en visio-conférence. Le Coronavirus et le confinement en étant évidemment la cause. "Ses bribes d’explications montrent qu’elle n’a pas compris ou alors c’est la même stratégie", affirme l’avocat général.
Vivienne Beaupreau était à la tête d’une secte à Sainte-Anne entre 2004 et 2010 où elle animait des cérémonies et prétendait guérir les maux, à la fois physiques et psychiques. Dans certains cas, même les maladies les plus graves. En 2015, la "guérisseuse de l’Est" est condamnée à trois ans de prison pour "abus de faiblesse". Sa maison, achetée avec l’argent de ses adeptes, a été saisie. Mais alors qu’elle sort de prison en 2018, elle s’installe à nouveau dans son ancienne maison. Malgré les courriers et mises en demeure dont elle accuse réception, elle ne déménage pas. En septembre 2019, elle est donc jugée pour "détournement de bien confisqué par décision judiciaire". Elle se présente alors devant le tribunal correctionnel, ne s’attendant pas à ce que l’on mette une dame d’un certain âge en détention pour avoir simplement vécu chez elle – son avocat non plus – mais la décision des magistrats est de la replacer derrière les barreaux.
Depuis sa cellule, elle fait appel de la décision. Elle demande aussi à attendre son jugement sous contrôle judiciaire, chez sa sœur. Mais non, la sexagénaire est maintenue en détention.
Ce jeudi, ce n’est donc plus l’abus de faiblesse qui intéresse la cour, mais sa présence dans une maison confisquée. L’avocat général demande néanmoins une requalification de l’accusation. Un "refus de restituer un bien confisqué par une décision judiciaire", dont la peine encourue est la même.
La défense démontre également qu’il n’y a pas eu de détournement de bien, car "un bien confisqué n’entraîne pas la dépossession". Il demande à ce que sa peine, si elle est jugée coupable, ne soit pas purgée en prison ; 5 mois ayant déjà été passés derrière les barreaux. La décision sera rendue le 26 mars.


