Madagascar: de vives tensions sur le vote des lois électorales

Ce samedi matin, les députés de l'opposition ont été accueillis à coups de gaz lacrymogènes sur le parvis de l'hôtel de ville de la capitale de Madagascar, Antananarivo.
Ils souhaitaient "informer la population sur la manière dont ont été votées les lois électorales controversées le 4 avril dernier", explique RFI. Habituellement opposés, le régime et les députés de l'opposition se sont alliés dans une manifestation "non autorisée et illégale" "pour dénoncer l'adoption scandaleuse des trois lois électorales".
Depuis jeudi, les représentants des deux partis ont fait le tour des chancelleries afin de trouver un appui, en vain. En effet, le préfet de Police de la capitale et le chef de région ont estimé qu'il s'agissait d'un acte de déstabilisation: "Cette manifestation est illégale et sera réprimée. Nous procèderons à des arrestations si nécessaire."
Bien que l'opposition ait montré une autorisation de la Commune urbaine d'Antananarivo, les forces de l'ordre auraient lancé des gaz lacrymogènes.
"La Haute Cour constitutionnelle vient de son côté de commencer le contrôle de constitutionnalité de ces lois électorales, votées sur fond de suspicion de corruption", souligne RFI.
Le verdict final sera rendu d'ici deux à trois semaines. Si ces lois sont validées comme telles, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina pourraient ainsi ne pas pouvoir participer à l'élection présidentielle. Si, au contraire, elles ne sont pas acceptées, le gouvernement devra revenir à l'ancien code électoral ou à un nouveau vote des lois électorales.
Les premiers constats sont déjà alarmants: les manifestations ont fait de nombreux blessés et la télévision locale Viva annonce un premier mort.


