Édouard Philippe dévoile le "Plan pour l'avenir" de Mayotte

En plus des mesures d’urgence déjà évoquées il y a un mois, qui visaient le rétablissement de la sécurité, la lutte contre l’immigration irrégulière et la relance de l’économie, le plan qui a été construit ce matin "s'inscrit dans la durée des orientations nouvelles et ambitieuses", a clamé le Premier ministre. Voici les mesures qui ont été retenues à l'issue du travail avec les élus de Mayotte :
"Pour que les réponses soient le plus adaptées à la situation du territoire, il faut que les décisions soient réellement déconcentrées. C’est pourquoi nous allons faire évoluer l’organisation de l’Etat et de ses opérateurs. Nous allons poser les bases d’une agence régionale de santé de Mayotte et créer un rectorat de plein exercice pour Mayotte. De même, Pôle Emploi va renforcer l’autonomie de sa direction basée à Mayotte. (...) Pour soutenir l’émergence d’une offre de santé diversifiée, nous allons mettre en œuvre un forfait de remboursement pour les affiliés sociaux : il préfigurera l’instauration de la CMU. Nous allons aussi conforter les moyens de fonctionnement et d’investissement du centre hospitalier de Mamoudzou, confronté à une forte croissance de son activité, pour le moderniser.
En matière d’éducation, le besoin de rattrapage des équipements scolaires est incontestable, en particulier dans le secteur primaire. Nous allons donc bâtir dans les prochaines semaines un plan pour accélérer le rythme des constructions de classes.
S’agissant des infrastructures, le Gouvernement va soutenir le développement d’un transport en commun en site propre sur la Grande Terre et la réalisation du contournement de Mamoudzou. Pour le transport aérien, il va lancer une mission sur les capacités de développement de l’aéroport de Mayotte, sur les moyens de favoriser la concurrence et d’abaisser les prix des billets d’avion.
Enfin je propose que nous engagions un travail de prospective territoriale, qui s'appuiera sur le schéma d'aménagement régional en cours d'élaboration mais aussi sur une opération d'intérêt national pour marquer l'engagement de l'Etat aux côtés des élus et de la population de Mayotte.
En troisième lieu, nous avons abordé les relations avec l’Union des Comores et, plus globalement, l’importance de l’insertion de Mayotte, département français de l’océan Indien, dans l’environnement régional. L’immigration est évidemment au cœur de nos échanges diplomatiques mais, ce matin, nous avons aussi convenu qu’un dialogue approfondi avec l’Union doit contribuer au développement des services publics et de l’économie de l’archipel. Je pense aussi à la coopération sanitaire qui fait l'objet d'une mission.
Le statut de Mayotte comme département et région d’outre-mer définit clairement les responsabilités entre l’Etat et les collectivités du territoire, conseil départemental comme mairies. Cela n’exclut pas, bien sûr, des adaptations lorsque la situation l’exige, comme le prévoit d’ailleurs l’article 73 de la Constitution et comme y réfléchissent les élus de Mayotte."
Le préfet et délégué du Gouvernement, et à ses côtés l’équipe interministérielle, continuera ses travaux jusqu’à l’élaboration du plan de rattrapage et de développement du département de Mayotte qui sera présenté en mai.


