Il tue son voisin pour une voiture mal garée: Amada Assani condamné à 18 ans

Amada Bacar Assani a été condamné à 18 ans de réclusion criminelle. 25 ans de prison avaient été requis il y a deux heures.
Amada Bacar Assani était jugé ce 26 janvier pour meurtre devant la cour d’assises. Il lui était reproché d’avoir tué son voisin, René-Paul Tatel, 55 ans, à la Plaine Saint-Paul le 3 octobre 2015. S’il reconnaissait les coups, l’accusé d'origine mahoraise, 30 ans, a maintienu qu’il se défendait face à une victime agressive et menaçante.
Selon le procureur général, Eric Tuffery, la version de l’accusé n’est pas crédible et la violence injustifiée. "Une colère folle" et une arme mortelle en main auront suffi pour tuer la victime qui n’avait rien dans les mains.
Pour l’avocat de la famille de la victime, Laurent Payen, il a été tué "pour rien du tout". Des insultes peut-être, mais qui ne justifient pas l’acte de l’accusé. Une explication possible, les 2,30 grammes d’alcool par litre de sang encore sept heures après les faits, mais certainement pas, selon lui, des coups violents livrés par la victime et une défense légitime de l’accusé. "Si on a peur, on va se cacher chez soi, on ne revient pas avec une barre de fer", affirme-t-il avant de rappeler les paroles entendues : " Je vais te tuer !"
"Il y a eu d’autres locataires comoriens et tout se passait bien"
Mais la peur, Jean-Jacques Morel, avocat d'Amada Assani, il y croit. "Il prend des coups de bâton en bois, mais il ne faut pas dire du mal de la victime. Mais il a déjà donné des coups de barre avant", rappelle-t-il en évoquant les témoignages d'un autre voisin, le beau-frère de l'accusé, et de la femme de la victime. "La responsabilité lourde d'Assani est atténuée par ces coups mutuels". Des coups "alimentés par un terreau propice au racisme".
René-Paul Tatel était-il raciste ? Provoquait-il ses voisins ? "C’est l’excuse facile. Il y a eu d’autres locataires comoriens et tout se passait bien", ajoute l’avocat de la famille. Pour le procureur général, "ce n’est pas le procès d’un anti-comorien ou anti-mahorais mais d’un homme qui a tué". L'homme qui a demandé pardon à la famille en fin de procès.


