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Il asperge des policiers de Roundup et "ne part même pas en prison"

Ecrit par zinfos974 – le mercredi 24 janvier 2018 à 09H41

"Quand on va travailler le matin, on ne sait pas si on va rentrer en un seul morceau le soir". C’est Gilles Clain, secrétaire départemental du syndicat Unité SGP Police-FO, qui réagit à la peine prononcée à l’encontre de Stéphane Fetisoi, 30 ans, qui a aspergé deux policiers de désherbant très toxique, du Roundup, le 17 avril 2017 à Saint-André. "Les conséquences auraient pu être dramatiques", affirme-t-il avant de rappeler en effet que "deux tiers des condamnés pour violences contre les policiers ne vont pas en prison".
 
Stéphane Fetisoi a en effet été condamné à 18 mois de prison dont neuf avec sursis, aménageables, sans mandat de dépôt. Le procureur, Christophe Gourlaouen, avait requis deux de prison ferme. "Pas de comparution immédiate, ni mandat de dépôt… il ne part même pas en prison. On demande à ce que les neuf mois qu’il effectuera en prison ne soient pas aménagés", ajoute Gilles Clain.
 
Tout commence par un incendie. La maison du prévenu est en feu et les pompiers sont en train de tenter de maîtriser les flammes quand le propriétaire des lieux arrive. L’incendie est si important que la citerne est rapidement épuisée et les pompiers doivent chercher une bouche d’incendie. Si à cela on ajoute la présence des badauds et de la famille sur place, leur travail s’avère difficile.
 
Il continue de les asperger, les policiers recroquevillés sur eux-mêmes
 
Et le temps que prend les pompiers ne plait pas à Stéphane Fetisoi qui est arrivé alcoolisé d’une soirée. Il s’empare donc d’un tuyau d’arrosage relié à une cuve sur un camion de son père. Dedans, 400 litres d’eau mélangés à cinq litres de Roundup. Et il se met à arroser les flammes. C’est à ce moment-là que la police arrive sur place et se met à sécuriser les lieux. Ils demandent donc au prévenu de reculer, ce qu’il n’apprécie pas. Il se met donc à les arroser. Un policier et sa collègue s’en prennent plein la bouche, le visage, puis tout le corps. Ils se retournent et de recroquevillent afin de se protéger ; elle, vomit. Mais Stéphane Fetisoi continue de les asperger, malgré leurs demandes réitérées pour qu’il arrête. Un membre de sa famille le convainc enfin de lâcher le tuyau. Un autre informe les policiers du contenu de la cuve.
 
Si le prévenu reconnaît les faits, il maintient n’avoir pas su que la cuve contenait autre chose que de l’eau. Or son père, agriculteur, avoue que cela fait des années que son fils l’aide et qu’il doit même reprendre l’activité agricole… Difficile donc de croire qu’il ne savait pas l’eau et le Roundup étaient mélangés d’avance. Et son casier judiciaire ne lui est pas favorable : plusieurs condamnations pour violences sur fond d’alcool.
 
Les policiers ont souffert de brulures sur tout le corps et au niveau des yeux et ont dû subir plusieurs traitements. Les pompiers ont aussi été pris de malaises à cause de la fumée toxique dégagée par les flammes et le désherbant. Heureusement, personne ne présente aujourd’hui de séquelles.
 
En CDI en tant que technicien de maintenance, le père de famille verra peut-être sa peine aménagée afin de conserver son emploi.

 

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