Escroc en cavale: 300.000 euros volés à près de 100 victimes... 4 ans de prison requis

Cela faisait 14 ans qu’il bernait les gens. Fabrice Constant, 42 ans, était à nouveau devant le tribunal correctionnel ce vendredi.
Escroquerie, abus de confiance, vol et fraude depuis 2001, plusieurs condamnations puis, après son incarcération entre décembre 2014 et avril 2015 et son placement en contrôle judiciaire, le voilà qui disparaît. En mai 2016, il est en cavale ; un mandat d’arrêt est délivré à son encontre. Et ce n’est qu’en avril 2017 que les forces de l’ordre parviennent à le retrouver. Il est condamné en juin à un an de prison alors qu’il était déjà incarcéré pour d’autres faits. Mais entre 2016 et 2017 il a eu le temps de continuer ses activités d’escroc professionnel grâce à sa société fictive, MCABR qui fournissait de l’alcool et plus particulièrement du champagne.
31.667 euros volés pour s’acheter une Subaru
En tout, ce sont 300.000 euros d’escroqueries et près de 100 victimes. Aujourd’hui, une poignée d’entre eux est représentée, dont un homme qui a cru voir construire un bungalow à Maurice. "J’y connais rien, je savais dès le départ que j’allais l’escroquer" avait déclaré Fabrice Constant à la police lors de son audition. 31.667 euros… Une somme avec laquelle il s’était acheté une Subaru et avait "payé (sa) cavale".
Il lui est aussi reproché d’avoir escroqué l’Ajefip dont la mission est l’insertion professionnelle de personnes handicapées. 10.000 euros pour du matériel qu’il n’a jamais acheté. Mais ces faits ne sont pas retenus, faute de temps. "Nous n’avions pas ouvert d’information dans le cas de l’Ajefip pour éviter que le dossier ne soit encore plus lourd, explique la procureure, on avait Fabrice Constant sous la main et on voulait le juger avant qu’il ne disparaisse à nouveau".
"Je regrette sincèrement parce que la prison c’est pas facile"
Deux autres prévenus étaient également présentés. Un jeune couple accusé de recel des biens de la "société". "La naïveté n’est pas un délit", affirme leur avocat. Un fait reconnu également par l’avocat du prévenu, Me Mickael Nativel. Ce beau-parleur, qui ne l’est plus devant la cour, marmonne : " Je regrette sincèrement parce que la prison c’est pas facile", soulevant une vague d’indignation dans la sale remplie d’anciens clients. Puis il répète, "je leur demande pardon, je leur demande pardon, il faut que j’arrête".
Il aurait également réussi à entourlouper sa femme, presque 20 ans plus jeune que lui. Mais tous ne sont pas convaincus de son innocence.
La procureure a requis quatre ans de prison, une interdiction de gérer une entreprise pendant cinq ans, une publication de la décision et la confiscation des quelques biens saisis à son domicile. Pour le jeune couple, du sursis, s’il le faut.
Et les visites de Fabrice Constant au tribunal correctionnel ne vont surement pas s’arrêter là : il est aussi actuellement mis en examen dans deux dossiers différents pour des faits similaires.


