Il la bat, par "bonté d’âme" elle prend sa défense devant le juge

Il vit en concubinage avec sa compagne depuis 2012 et un enfant est né de cette union. Elle fait état de violences verbales régulières et de menaces. Mais cette femme vit également sous la paranoïa maladive de son conjoint. Elle ne peut pas mettre un pied dehors, son compagnon mettant en place des pièges avec des branches "pour voir si elle est sortie".
La plus grande peur de monsieur: que sa compagne soit en fait "une lesbienne cachée"
Coupée de sa famille, elle n’a pas de téléphone portable et "doit systématiquement passer ses appels à partir du fixe, en présence de monsieur et sur haut-parleur". Selon lui, "elle couche avec tous les voisins, veut pervertir sa fille", née d’une précédente union, "faisant d’elle une lesbienne". Car la plus grande peur de monsieur est que sa compagne soit en fait "une lesbienne cachée".
Pour faire régner l’ordre, l’homme de 51 ans n’hésite pas à humilier et frapper sa compagne, sans compter les violences sexuelles qui finissent par la pousser hors du domicile conjugal jusqu’à une structure d’hébergement d’urgence.
"Je devais me faire accompagner pour ne pas devenir un bourreau"
Lui, fait aujourd’hui amende honorable. "J’ai dérapé à des moments, je m’en excuse. J’ai compris que je devais me faire accompagner pour ne pas devenir un bourreau", explique-t-il à la barre. "Oui, il y a eu une période de non-confiance, mais j’ai un problème avec les belles mères… ".
Des explications qui laissent quelque peu perplexe la cour. "Quel que soit le contexte, on ne menace pas de frapper sa compagne" rétorque le Président du tribunal face aux justifications de l’accusé.
Déjà condamné pour violences sur conjoint
Pourtant, l’homme n’est pas novice en la matière, ayant déjà été condamné à du sursis en 2007 pour des faits similaires avec sa précédente compagne et mère de ses deux filles.
"Je lui redonne une chance"
Au moment où la victime prend la parole, stupéfaction dans la salle d’audience. La cour apprend en fait que madame s’est remise avec monsieur, sous le même toit. "On s’est remis ensemble pour construire quelque chose de mieux. Je lui redonne une chance mais il doit travailler sur lui. L’essentiel est que notre fils puisse grandir avec des parents unis".
Elle aurait même pris les devants peu de temps après son dépôt de plainte. "C’est son choix…" conclut le Procureur.
Au final, le Saint-Gillois a pu rejoindre librement son foyer le soir même, écopant d’un an de prison avec sursis avec deux ans de mise à l’épreuve, d’une obligation de soins et d’une somme d’un euro symbolique à payer à madame en guise de dommages et intérêts.


