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Témoignage : Mon calvaire lors du vol Bangkok/Réunion sur Air Austral

Ketty C. était passagère sur le vol d'Air Austral assurant la liaison Bangkok/Chenaï/Réunion qui devait décoller samedi de Bangkok et qui, suite à des problèmes techniques à répétition, n'est arrivé que hier soir à Gillot. Nous publions son témoignage édifiant ci-dessous La rédaction de Zinfos.
Ecrit par zinfos974 – le lundi 22 février 2016 à 09H21

Suite à l'article et surtout au retour d'air Austral que vous avait fait paraître, j'aimerais vous faire part de mon ressenti en tant que passagère sur ce vol (résa n°7FG34N).

L'épisode à Bangkok

Après deux semaines de vacances inoubliables, mon groupe et moi arrivons à l'aéroport le samedi 20/02 à 11h30 pour un départ prévu à 14h55. L'heure d'enregistrement est censée débuter à 11h45 mais à 12h30 toujours rien. Une hôtesse nous prévient que l'appareil n'est toujours pas arrivé.

On finit par enregistrer nos bagages et sur le tableau d'affichage, rien ne signale un quelconque retard du vol. On est donc toujours censé décoller à 14h55.

Vers les 15h-16h, on nous annonce une panne technique et donc un vol repoussé pour 20h. On nous donne 400 TBH pour s'acheter un déjeuner dans 2 restaurants de l'aéroport.

Jusque-là tout va bien, ça arrive, un peu de patience c'est tout.

Des passagers demandent quel est le type de panne? Est-ce réparable ici etc... Et là on commence à entendre toutes sortes de versions comme : "La pièce à remplacer doit venir de la Malaysie", "qu'un nouvel avion doit venir de la Réunion", "que l'avion actuel était déjà en panne technique depuis 3-4 jours"...

Il y a même une proposition de faite pour qu'on puisse rejoindre Chenaï en volant à basse altitude et que l'appareil soit alors réparé là bas. Les passagers dont moi, ont refusé tout net!

Du coup, un nouvel horaire pour le vol est fixé à 2h du matin. Soit disant qu'un nouvel appareil devait venir de la Réunion...

Après quelques heures de plus dans l'aéroport, mon groupe décide d'aller à l'hôtel proposé par la compagnie. En même temps, avions-nous vraiment le choix ? Les loges d'air France proposées pour ceux qui voulaient rester à l'aéroport n'étaient plus en mesure de nous accueillir faute de place et rester à l'aéroport signifiait repas à notre charge et impossibilité de rester à la porte d'embarquement.

Deux ou trois bus ont été affrétés pour le convoi à l'hôtel, une chambre et un repas mis à notre disposition. Départ à minuit pour le retour à l'aéroport.

Minuit : le 1er bus arrive, les 1er passagers partent.

10-15 min après, le deuxième bus arrive. Mon groupe et moi montons à bord. 20 min de trajet et enfin nous sommes à l'aéroport, sauf que personne ne nous attend! Aucun personnel d'Air Austral ou d'une autre compagnie.

Nous nous dirigeons vers la zone d'enregistrement où nous étions le matin. Quelqu'un pose la question à une hôtesse pour vérifier que nous n'avons plus besoin de nous enregistrer. Ce n'est pas le cas. Une nouvelle carte d'embarquement doit être imprimée. Il faut donc encore patienter... Nouveau "boarding pass" en main, nous nous rendons à l'immigration où des centaines de personnes attendent pour passer le contrôle douanier. Il est 1h30 du matin, on se dit pourvu que l'avion nous attende. On essaie tant bien que mal d'expliquer à des hôtesses notre cas en espérant qu'elles nous fassent passer en priorité, mais rien n'y fait. Nous essayons d'apercevoir un passager du 1er bus, signe que tout était "normal", mais on ne voit personne. Ne savaient-ils pas qu'il y avait 2 bus ? Pourquoi une 2ème équipe ne nous a pas attendu ?!?

On a cru ne pas y arriver, on se disait pour garder espoir, que l'avion ne pouvait pas décoller sans nous, que les autres passagers refuseront de partir sans nous...

À 2h15, nous finissons par arriver à bout de souffle à la porte d'embarquement, enfin !

En entrant dans l'avion, je demande au souriant Steward : "C'est le même avion ?" "Oui, mais ne vous inquiétez pas, on ne vous ferait pas voyager si ce n'était pas sûr". Résultat, 15 min plus tard, on nous annonce une 2ème panne technique ! Cette fois-ci, c'est le filtre à gazoil qui est en cause. Les gens se lèvent pour débarquer mais le commandant nous annonce que c'est réparable en 30min et que nous décollerons après. C'est à ce moment là que certains ont perdu patience. Pour ma part, la fatigue aidant j'étais juste amorphe, j'ai commencé à avoir peur, 2 incidents sur le même appareil... Même si la raison nous fait penser que le commandant ne mettrait pas sa propre vie en danger, que s'il dit qu'on peut y aller c'est qu'on est en sécurité, on ne peut s'empêcher de penser au crash. C'est toujours un enchaînement de petits riens qui fait que ça part en sucette. Alors, je demande au seigneur de protéger ce vol... pendant qu'un passager, décide lui, de débarquer.

On décolle donc à 5h du matin heure de Thaïlande. Je suis assise sur un siège près des sorties de secours. Je ne peux donc incliner mon siège pour me mettre à l'aise après 18h d'attente et 1h de sommeil dans l'hôtel (procédure oblige). Je sens que ce vol va être long... Je demanderais à changer de place lors de l'escale en Inde, ils ne pourront pas me refuser ça, je suis prête à m'allonger dans le couloir s'il le faut !

Rebelote à Chenaï

On arrive à Chenaï, une pause s'impose. Les douaniers indiens contrôlent nos cartes, nos bagages,... normal. Jusqu'à ce qu'on entende le commandant nous préciser qu'on va changer d'équipage et que nous devons donc débarquer avec passeport et carte  embarquement mais sans bagages à main. On sent l'embrouille mais bon, un changement d'équipage c'est quoi ? 1h max ? Et ben, non !
On nous parque dans une zone transit sans eau où à un moment donné (parce qu'on voulait sortir de cette zone) on nous a enfermés avec chaine et cadenas qu'ils (le personnel indien) ont vite retiré lorsqu'ils se sont aperçus qu'un des passagers était en train de filmer. J'espère que cet enregistrement vous parviendra !

On a soif, on a faim, aucun personnel d'Air Austral n'est avec nous. Certes, il y a ces hôtesses indiennes, mais la communication est difficile. On se sent à l'abandon, que se passe t-il ? Cela fait plus d'1h qu'on attend, on n'a aucune information.

Les passagers tentent de se connecter au site internet d'Air Austral. On apprend que le vol est encore retardé et prévu d'arriver à 16h00 à la Réunion. On s'agite, on appelle Freedom faute d'avoir un contact avec Air Austral sur place.

On finit par apprendre une 3ème panne technique. Je suis au bord de la crise d'angoisse. A la rigueur je préfère rentrer un autre jour, n'importe quoi mais pas rentrer avec cet avion ! On m'explique que c'est possible mais que je devrais alors payer un nouveau billet d'avion par mes propres moyens. Mais les moyens je ne les ai pas. J'ai tout claqué en cadeaux et cocktails en Thaïlande. Alors pas le choix, je me résigne à prendre cet avion et à suivre la majorité.

Après une collation offerte, on finit par embarquer. Je ne sais plus quelle heure il est. Je veux juste rentrer chez moi saine et sauve, retrouver ma famille.

Le commandant s'excuse au nom de son équipage et de la compagnie en espérant qu'on ait bien été pris en charge pendant le transit, et là on commence à huer dans l'avion. Je m'y mets aussi? Ca fait du bien de laisser sortir ce cri... J'ai été plus que patiente jusque là !

Le commandant s'excuse de nouveau et on décolle. On me change de siège pour que je puisse me mettre à l'aise. Au début du vol, je me disais pourvu que tout se passe bien et au bout d'une heure de vol sans problème, j'ai enfin pu me détendre. Le reste du vol fut malgré tout agréable avec une petite attention particulière du commandant lors du passage sur les Maldives (magnifique !).

Ça, c'est ce que j'ai personnellement vécu, je ne l'aurais raconté qu'à ma famille mais quand j'ai lu les communiqués d'Air Austral, disant qu'il y avait que 2 pannes, qu'on a pas été laissés à l'abandon à Chenaï, que notre sécurité primait, je suis hors de moi !

S'ils estiment qu'il n'y avait que 2 pannes, cela signifie qu'une des pannes à Bangkok n'a pas été résolue et que donc, on a volé dans un appareil défectueux jusqu'à Chenaï ?! On était en sécurité dans ce cas ?!? Ou peut-être qu'ils estiment qu'une des pannes n'était pas suffisamment alarmante pour la comptabiliser ?!?

Oui, une collation nous a bien été offerte à Chenaï, 2h après avoir débarqué mais je me demande si ce n'est pas uniquement après indignation et colère des passagers.

A part, le personnel indien, aucun membre de l'équipage d'Air Austral n'était avec nous à Chenaï. Ils disent que oui, alors je demande à savoir : qui ils étaient ? Et surtout, où se trouvaient-ils dans l'espace de confinement mis à notre disposition dans l'aéroport de Chenaï ?

Pour sûr, je continuerai à voyager mais certainement pas avec une compagnie où les avions enchaînent les problèmes techniques à répétition. Ils nous proposent un avoir de 300€ mais je ne prendrai plus cette compagnie car traumatisée par cette expérience.

 

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