Incendies du Maïdo: Patrice Nirlo n’en était pas à son coup d’essai

"Oui, il y a eu d’autres incendies"
"Vous devez aller plus loin dans vos explications, combien d’incendies il y a-t-il eu !", insiste Pierre Martello. À ce moment précis, Nirlo apparait tiraillé par sa conscience et lâche un timide "oui, il y en a eu d’autres". Moment de stupeur dans la salle d’audience et dans la foulée l’ancien pompier reconnaît un incendie en 2008 dans une ravine près de chez lui. Il reconnaît également être à l’origine de 3 à 4 départs de feu tous les ans en période sèche.
2008 est l’année de sa prise de fonction au sein des sapeurs-pompiers. L’homme n’a eu de cesse de répéter pendant les auditions qu’il était frustré des missions de sapeur-pompier, pour qui les incendies ne représentent que 8% des sorties.
L’explication de tels gestes reste la même depuis le début du procès. Patrice Nirlo affirme ne pas avoir eu conscience des dégâts. "Je ne le voyais pas comme je le vois maintenant. C’est vrai que ce n’est pas facile à comprendre, mais je ne voyais que la partie travail. Combattre le feu, c’était ma mission, ma passion. Ma tenue ne me quittait jamais, elle était comme cousue sur moi".
Une allumette dans la main, et le lendemain une lance à incendie
Dans une logique de double vie, Patrice Nirlo avait une allumette dans la main, et le lendemain une lance à incendie dans cette même main. Il rentrait chez lui le soir et les incendies du Maïdo faisaient partie de la conversation du dîner.
Depuis ce matin, la défense n’a eu de cesse de souligner le dévouement qui au final a perdu le sapeur-pompier. Le statut social de l’homme surnommé "l’encyclopédie" reposait entièrement sur sa fonction. Aujourd'hui, après deux ans de détention, il déclare avoir "sacrifié sa famille et trahi tout le monde. J’ai honte".


