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TCO et CINOR mutualisent leurs déchets en promettant une baisse de la taxe

Ecrit par Ludovic Grondin – le mardi 17 mars 2015 à 14H06

De "l'intelligence politique". C'est en ces termes que le président du TCO et son homologue de la CINOR accueillent le projet de mutualisation du traitement des déchets entre leurs communes membres.

Cette mutualisation intéresse uniquement les déchets dits recyclables, autrement dit, ceux que vous devez normalement déposer dans votre poubelle jaune.

A ce jour, la CINOR gère ses déchets dans son coin et le TCO en fait de même sur son site du Port, via sa société d'économie mixte Cyclea.

En 2009, un incendie ravage la structure portoise. En 2012, elle rouvre, "surdimensionnée", en présageant de l'inflation démographique de la côte Ouest.

Alors qu'elle est calibrée pour accueillir jusqu'à 20.000 tonnes de déchets valorisables, Cyclea n'en accueille aujourd'hui que 8.000 en provenance des villes du Port, Saint-Paul, La Possession, Trois Bassins et Saint-Leu. De son côté, les habitants de la CINOR (Saint-Denis, Sainte-Marie et Sainte-Suzanne) produisent 7.000 tonnes par an. Même additionnés, les tonnages des deux territoires disposent encore d'une belle marge.

C'est donc vers une mutualisation des moyens que se dirigent les deux intercommunalités et dont l'annonce a été faite ce matin, au Port. Une mutualisation qui ne prendra forme qu'après la fin 2016, date d'échéance du marché public de collecte des déchets par le prestataire de la CINOR.

La forme juridique que prendra cette coopération n'est pas encore arrêtée. Alors que Gérald Maillot, président de la CINOR, a fait part de sa préférence pour une entrée au capital de Cyclea, Marc-André Hoarau, président de la SEM, vice-président du TCO et adjoint à Saint-Paul, n'a pas abandonné l'idée d'une gouvernance partagée de type société publique locale.

La promesse de ce rapprochement devrait réjouir les ménages des deux interco'. En montant en régime côté Cyclea, et en transférant ses agents du centre de tri du nord vers l'Ouest, les deux EPCI prennent l'engagement que le contribuable en sortira gagnant. Le coût du traitement des déchets devrait en effet diminuer de 30 à 40% selon les projections des élus qui parlent sous la surveillance des administratifs. Par an, la CINOR et le TCO devraient ainsi économiser au moins 1 million d'euros chacun. Assez pour faire répercuter cette baisse sur la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, la TEOM.  

7.000 tonnes transférées, c'est 3 camions par jour

"J'aurais très bien pu décider d'ouvrir un nouveau centre à Sainte-Marie pour 5 à 6 millions d'euros et m'en féliciter en coupant un ruban", en rigole Gérald Maillot qui préfère se placer sur l'axe de la gestion à moindre coût.

Sur le plan opérationnel, la quarantaine d'agents du centre de tri de la CINOR seront intégrés dans Cyclea. Côté déchets, le bilan carbone ne devrait pas exploser outre mesure. Cela représenterait seulement trois camions poubelles du Nord vers l'Ouest chaque nuit.  

Si ce pacte vient conforter l'idée qu'il faille toujours plus nourrir l'ogre que constitue le centre de tri Cyclea, des nuances apparaissent autour de la table lorsque se profile l'épouvantail que représente la création d'incinérateur(s). Vanessa Miranville formule un "non à l'incinérateur fourre-tout. Ce n'est pas parce qu'on se débarrasse des déchets dans un grand feu qu'on résout le problème. On ne fait que le déplacer". Et la vice-présidente du TCO d'appeler ses collègues à mettre en lumière le rôle déterminant, à la source, des industriels et leur packaging. Une autre manière de voir la chaîne des responsabilités.

 

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