Violences, alcool et évasion : le tribunal sanctionne avec fermeté

Un homme de 33 ans comparaissait devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis ce mercredi pour des faits de violences et d'évasion. Alors qu'il était en garde à vue, il n'a pas hésité à s'enfuir, avant d'être rapidement rattrapé par les forces de l'ordre.
Les faits se sont produits dans la nuit du 15 au 16 décembre dernier à la Plaine-des-Palmistes. Il est plus de minuit quand les gendarmes sont appelés à intervenir pour des violences conjugales. À leur arrivée, ils constatent qu'une femme a été rouée de coups par son compagnon. C'est sa voisine, témoin d'une partie des faits, qui appelle les secours par peur qu'un drame ne se produise. Tout part d'une dispute alors que le couple était chez les voisins pour boire un verre.
5 jours d'ITT et pas moins de 23 marques sur le corps
Francky G. a mal réagi à une parole de sa compagne et, alors qu'il était fortement alcoolisé. Il l'attrape alors par les cheveux et la traine jusqu'à chez eux devant témoins. S'en suit un étranglement devant leur enfant de 3 ans qui, apeuré pour sa mère, crie de la lâcher. Il l'a serre tellement fort qu'elle se met à saigner du nez. Il finit par lâcher son étreinte, et enchaine avec deux coups de tête et trois coups de poing. La gendarmerie arrive, l'interpelle et le place en garde à vue. Il est testé avec un taux de 1,32 g/l d'alcool dans le sang. La victime refuse de déposer plainte. Examinée, elle s'en sort avec 5 jours d'ITT et pas moins de 23 marques sur le corps.
Pendant la garde à vue, alors que tout se passe dans le calme, il bouscule soudainement le gendarme qui le conduit en salle d'interrogatoire pour prendre la fuite. Il est rattrapé une heure plus tard par la patrouille. Le parquet décide, en raison de ses 13 mentions au casier judiciaire et l'état de récidive, de le juger en comparution immédiate. À la barre, s'il exprime ses regrets, il explique qu'il ne se souvient de presque rien, à l'exception des deux coups de tête. "Je me suis enfui pour aller voir mes enfants avant de rentrer en prison", argumente le prévenu.
"Un véritable passage à tabac"
Le parquet ne manque pas de rappeler à la victime présente à l'audience la gravité des faits qu'elle a subis, ainsi que la dangerosité de la situation pour elle et ses enfants. Pour autant, la mère de famille refuse de se constituer partie civile. La procureure relève "un dossier peu banal où la victime porte 23 traces sur le corps", notant "un véritable passage à tabac", ainsi qu'un "passage à l'acte brutal pour une futilité". La magistrate requiert 4 ans de prison dont 1 an de sursis, 6 mois de plus pour l'évasion et le retrait de l'exercice de l'autorité parentale. "Elle a été rouée de coups", conclut le parquet.
La défense rappelle que "les faits sont reconnus" et explique qu'il y a eu des "insultes réciproques". Elle met en avant "une enfance difficile emprunte de violence", reconnaissant que "ça ne justifie pas les faits, mais que cela peut les expliquer". La robe noire plaide pour une peine mixte avec un suivi mais avec un quantum moins élevé.
Au final, le prévenu est condamné à 3 ans de prison dont 1 an de sursis, 6 mois des plus pour l'évasion et se voit retirer son autorité parentale. Il est maintenu en détention pour exécuter sa peine.


