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Vidéo – Prison Juliette-Dodu : La crainte d’une régularisation du permis de démolition partielle

Démolira, démolira pas ? L'avenir de l'ancienne prison Juliette-Dodu à Saint-Denis se joue ce lundi au tribunal administratif. Les juges doivent se prononcer sur le permis de démolition de la prison, classée partiellement aux monuments historiques en octobre 2019. Le jugement a été mis en délibéré et sera rendu sous un mois maximum.

Ecrit par – le lundi 31 août 2020 à 10H14

L’association Kartyé Lib Mémoire et Protection de l’océan Indien, qui milite depuis des années pour la sauvegarde de l’ancienne prison, menacée par un projet immobilier de la SHLMR, avait obtenu en janvier 2018 suite à un recours en annulation devant le tribunal administratif, la suspension de l’arrêté municipal de démolition partielle de la prison.

En janvier 2019, le TA avait estimé qu’il ne disposait pas des éléments suffisants pour statuer sur le caractère historique et mémorial du patrimoine et l’impact qu’aurait la démolition du site et avait donc ordonné la saisine d’un expert pour récolter les informations historiques nécessaires et décrire l’intérêt architectural, historique et mémorial de chaque bâtiment.
 

[Prison Juliette Dodu: Une nouvelle expertise sur sa valeur historique]urlblank:https://www.zinfos974.com/%E2%96%B6%EF%B8%8FPrison-Juliette-Dodu-Une-nouvelle-expertise-sur-sa-valeur-historique_a136209.html

Mais face au tollé provoqué par le futur réservé à l’ancien centre pénitenciaire, la mairie de Saint-Denis avait rétropédalé en septembre 2019 en faisant stopper le projet de la SHLMR, qui prévoyait la construction de logements sur le site.

« Une certaine forme de complaisance »

Le maire du chef-lieu de l’époque, Gilbert Annette, avait regretté « la facilité qui occulte la dimension historique » et avait assuré que la prison Juliette-Dodu était « sauvée du projet de la SHLMR ». En lieu et place du projet initial du bailleur social, la municipalité souhaiterait voir émerger sur le site des espaces de conservation, des salles d’exposition et de conférences, un mémorial, des « lieux de convivialité » comme des bars ou restaurants, mais aussi des résidences scientifiques internationales, notamment archéologiques.
 

[Prison Juliette-Dodu: Gilbert Annette fait stopper le projet de la SHLMR]urlblank:https://www.zinfos974.com/Prison-Juliette-Dodu-Gilbert-Annette-fait-stopper-le-projet-de-la-SHLMR_a144294.html

Mais en décembre 2019, Kartyé Lib avait déploré un « décalage manifeste entre les textes et les déclarations d’intentions de M.Le Maire de Saint-Denis ». L’association avait invité la commune à  revoir les éléments du pré-rapport de l’expert avant toute modification de son document d’urbanisme concernant son centre-ville. En effet, l’avocat de Kartyé Lib, Me Fabrice Sauber, [craignait déjà en novembre 2018 que le tribunal administratif se range derrière l’avis du rapporteur public]urlblank:https://www.zinfos974.com/Prison-Juliette-Dodu-Le-projet-de-demolition-est-il-illegal_a133611.html , qui avait estimé que le projet pouvait être régularisé en prenant en compte l’avis des Architectes des bâtiments de France.

À la sortie de l’audience ce lundi peu avant midi, les doutes demeurent. « Nous ne voulons pas que la prison Juliette-Dodu soit démolie après des régularisations successives », maintient Me Sauber. « Ce que le rapporteur public demande aujourd’hui c’est qu’on puisse régulariser…Vous avez un architecte des Bâtiments de France qui parle de régularisation du projet de la SHLMR et en ce qui concerne du projet de démolition, il faut aussi une régularisation », regrette l’avocat, qui voit là une « forme de complaisance », alors que dit-il, « la règlementation demande tout sauf de la complaisance ».

 

Marine Abat sur place

 

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