"Une erreur judiciaire manifeste" : condamné pour l’incendie d’une case familiale qu’il a toujours nié, un Sainte-Marien rejugé en appel

Accusé par une partie de sa famille d’avoir mis le feu à une case en tôle en 2018 à Sainte-Marie, condamné en appel en 2023, Jocelyn L., 65 ans, affirme avoir reçu par la suite un témoignage à même de l’innocenter. Sa défense crie à l'erreur judiciaire et réclame sa relaxe, alors que l’affaire revient à juger après cassation.
Il a toujours clamé son innocence. A 65 ans, Jocelyn L. a une dernière chance de voir la justice le rétablir dans ses droits, lui qui a été condamné en novembre 2023 par la cour d’appel de Saint-Denis à deux ans de prison dont un avec sursis pour destruction volontaire de bien par moyen dangereux.
Alors que la cour de cassation a infirmé, pour un motif de forme, cet arrêt le déclarant coupable, le Sainte-Marien affirme avoir reçu, depuis, un élément nouveau de nature à prouver qu’il n’est pas l’auteur de l’incendie de la case en tôle qui lui a valu cette condamnation.
Mis en examen pour tentative de meurtre puis relaxé
Tout commence en février 2018, quand l’habitation des parents décédés de Jocelyn prend feu, sur fond de conflit avec une partie de sa fratrie autour de ce terrain du quartier de Chiendent où il a lui-même bâti sa maison. Le sexagénaire est alors désigné comme l’auteur des faits par une de ses sœurs, qui dit l’avoir vu avec un cocktail Molotov à la main alors qu’elle était venue passer la nuit dans la case cette nuit-là avec son conjoint.
Malgré ses dénégations, Jocelyn L. est mis en examen pour tentative de meurtre. Mais l’enquête va peiner à apporter la preuve de sa culpabilité, au point que le juge d’instruction va prononcer un non-lieu en faveur du Sainte-Marien. Pour autant, saisie par le parquet, la chambre de l’instruction va ordonner son renvoi devant le tribunal correctionnel, non plus pour tentative d’homicide mais pour destruction d’un bien par incendie.
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Un proche croit à son innocence
« Mais là aussi, les juges m’ont donné raison, j’ai été relaxé » rappelle Jocelyn L. Sur appel du parquet, il est néanmoins rejugé fin 2023, et cette fois condamné. Et alors qu’il s’est pourvu en cassation, le Sainte-Marien reçoit un coup de fil inespéré d’un membre de sa famille ayant appris sa condamnation.
« Il ne comprenait pas que j’ai été condamné, alors que son propre fils lui a avoué avoir mis le feu avec un camarade, à la demande d’une de mes sœurs », affirme Jocelyn L. Un témoignage réitéré auprès d’un huissier, enregistrement audio à l’appui, sur lequel la défense de Jocelyn compte bien s’appuyer pour obtenir sa relaxe alors que l’affaire revient devant la cour d’appel de Saint-Denis jeudi 2 juillet.
Scellés "inexploitables", témoignages "incohérents"
« On est face à une erreur judiciaire manifeste, qu’il est encore temps de réparer » soutient Me Réchad Patel, l’avocat de Jocelyn L. « Nous allons plaider la relaxe ou, à titre subsidiaire, demander un supplément d’information afin d’identifier les vrais coupables », annonce-t-il.
« Rien dans l’enquête n’a jamais permis d’incriminer mon client », poursuit Me Patel. « Les scellés étaient inexploitables, les témoignages incohérents et les analyses sur ses vêtements n’ont rien démontré » énumère l’avocat.
Reste à savoir si les magistrats de la cour d’appel prendront en compte les nouveaux éléments avancés par la défense pour libérer Jocelyn L. de cette épée de Damoclès judiciaire, ou s’ils choisiront de déclarer une nouvelle fois sa culpabilité.


