Affaire des indemnités de séjour : la condamnation de Didier Robert est définitive, il peut encore espérer un avenir politique

La condamnation de Didier Robert à un an d’inéligibilité et 10.000 euros d’amende est devenue définitive puisque le parquet général a renoncé à introduire un pourvoi en cassation.
Le justiciable Didier Robert, et plus encore l’homme politique, revient de loin dans l’affaire dite des indemnités de séjour perçues à hauteur de 134.000 euros entre 2016 et février 2020. Condamné en 2024 par le tribunal correctionnel à huit mois de prison avec sursis, cinq ans d’inéligibilité et 100.000 euros d’amende pour prise illégale d’intérêts et concussion, il s’en est sorti devant la cour d’appel de Saint-Denis avec un an d’inéligibilité et 10.000 euros d’amende (moins 20% de remise dans la limite de 1.500 euros s’il paie dans un délai de 30 jours) pour le seul délit de prise illégale d’intérêts.
Ce qui n’était pas gagné quand on sait que le parquet général avait requis une aggravation de sa peine avec un an de prison dont six mois ferme sous bracelet électronique, 150.000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité au terme d’un réquisitoire accablant pour l’homme politique.
« La décision rendue à son encontre est donc définitive »
Dans ces conditions, et bien qu’il clamât de sa complète innocence, l’ex-président de Région n’ira pas en cassation. Restait à savoir si le parquet général, pour qui l’arrêt de la cour d’appel résonnait à sa grande surprise comme un camouflet, se pourvoirait en cassation. La nouvelle est tombée ce matin. Il n’en sera rien. « La décision rendue à son encontre est donc définitive », nous a indiqué le représentant du ministère public.
Didier Robert a la chance que les prochaines échéances électorales locales n'interviennent qu'en 2028. Il peut donc envisager la poursuite de sa carrière politique s’il le souhaite. Ce qui n’est pas farfelu puisque la droite locale est toujours en quête d’un leader depuis la disparition de Michel Fontaine. Mais aussi parce que Didier Robert n’a jamais vraiment renoncé à un avenir politique en dépit de ses deux traversées du désert sur fond d’affaires.
Un retour en politique possible dès 2028
Tout juste sorti des effets de sa première condamnation à trois ans d’inéligibilité dans l’affaire de la SPL Réunion des Musées Régionaux, et bien qu’il eût une épée de Damoclès au-dessus de la tête après sa condamnation en correctionnelle dans l’affaire des indemnités de séjour, l’ex-président de Région n’avait pas hésité à entrer en campagne lors des dernières municipales à Saint-Paul. Au grand dam de Cyrille Melchior, mis en difficulté dès le premier tour, même si Didier Robert a fait un petit score de 11%.
Quoiqu’il en soit, les esprits chagrins – complotistes à souhait, régionalistes à outrance ou simplement extrémistes – ne pourront pas dire une fois encore que la justice frappe plus fort la droite locale prise dans les affaires. Quant à Didier Robert, avant d’être certain de faire le grand chelem, il doit encore comparaître devant la cour d’appel de Saint-Denis dans l’affaire dite des emplois fictifs de la Région à partir du 14 octobre prochain.
Il sera sans doute plus serein cette fois puisqu’il avait bénéficié d’une relaxe totale en premier ressort tout comme Jean-Louis Lagourgue, Vincent Bègue et les huit chargés de mission qui ne sont d’ailleurs plus que quatre à être poursuivis en appel après tout le pataquès du précédent procès avorté sur fond d’enquête dite « fantôme » de l’aveu même du président Jacques Rousseau qui avait jeté l’éponge. Serein mais sur ses gardes quand on sait les surprises que les instances judiciaires peuvent réserver.


