Un ancien principal de collège de Saint-Denis jugé pour viols et agressions sexuelles sur deux mineures de son entourage

Principal du collège Juliette-Dodu de Saint-Denis entre 2019 et 2020, Jacques Gorisse, 65 ans, comparaît à partir de ce mercredi devant la cour criminelle départementale de La Réunion pour des faits présumés de viols et agressions sexuelles incestueuses commis en métropole dans les années 90 et à Mayotte entre 2016 et 2017.
C’est le fonctionnaire qui s’était lui-même dénoncé à la police en mars 2020, indiquant être victime depuis trois ans d’un chantage de la part de son épouse avec qui il était en instance de séparation. Jacques Gorisse, principal du collège Juliette-Dodu entre 2019 et 2020, comparaît ce mercredi 1er juillet devant la cour criminelle départementale de La Réunion pour des faits de viols et agressions sexuelles incestueux commis sur des mineures de 15 ans de son entourage alors qu’il était en poste à Mayotte en 2016-2017, et en métropole dans les années 90.
"Dans la sphère privée"
Mis en examen et suspendu de ses fonctions peu après la révélation des faits, le chef d’établissement désormais à la retraite est soupçonné d’avoir imposé des relations sexuelles à une fillette de son entourage familial âgée de 8 ans, entre 2016 et 2017, alors qu’il était proviseur du lycée de Petite-Terre à Mayotte. L'instruction va également permettre de révéler des faits plus anciens d'attouchements sexuels sur une autre mineure née en 1984, du temps où il vivait en métropole entre 1994 et 1996.
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L’annonce de sa mise en cause dans une affaire de violences sexuelles sur mineurs avait été ressentie comme un coup de tonnerre dans le monde enseignant régional, où l’homme, longtemps en poste à Mayotte, était reconnu comme un professionnel émérite, titulaire des Palmes académiques. « Un fonctionnaire exemplaire, bien noté, n’ayant jamais eu de problème avec la justice » avait souligné peu après sa mise en examen son avocat du barreau de Mayotte, Me Erick Hesler, rappelant que les faits présumés seraient uniquement survenus « dans la sphère privée » et n’auraient jamais concerné les élèves dont il a eu la charge en plus de vingt ans de carrière.
L'ex-épouse également jugée
Libre sous contrôle judiciaire, Jacques Gorisse ne comparaît pas seul devant les magistrats de la cour criminelle. A ses côtés, son ex-épouse doit répondre quant à elle du délit de « non-dénonciation de mauvais traitement, privations, agressions ou atteintes sexuelles sur mineur de quinze ans. » Elle devra s’expliquer sur le fait d’avoir caché sciemment des faits dont elle aurait eu connaissance dès 2017 en découvrant une clé USB contenant des vidéos des abus sexuels, et qu'elle aurait mis à profit pour obtenir une contrepartie financière à la dissimulation du terrible secret.
Alors qu’il encourt 20 ans de réclusion criminelle, l’ancien chef d’établissement sera fixé sur son sort ce jeudi.


