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Entre l’Hexagone et La Réunion, elle détourne près de 300.000 euros en TICPE et TVA

Ecrit par Gaetan Dumuids – le lundi 29 juin 2026 à 07H23

Une Saint-Louisienne a été jugée jeudi 25 juin 2026 pour des faits d’escroquerie commis dans l’Hexagone et à La Réunion. Gérante de plusieurs sociétés de logistique, elle se faisait rembourser indûment des frais et devait une belle ardoise en TVA. Son mari était également jugé pour recel de biens provenant de cette escroquerie. Elle échappe de peu à la prison ferme.

Installée avec sa famille dans l’Hexagone, Marie a ouvert une société de logistique. L’entreprise connaît des difficultés et elle trouve une solution. Si seuls deux de ses véhicules peuvent bénéficier d’un remboursement de la TICPE, Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques, elle va faire des déclarations pour les sept véhicules que compte l’entreprise.

Au final, le trop-perçu s’élève à 1,52 million de litres de gazole. Ce sont 273.000 euros que l’entreprise va recevoir, alors qu’elle n’aurait dû être remboursée que de 32.000 euros. De plus, elle doit 44.000 euros aux Finances publiques de plusieurs départements.

Le couple quitte l’Hexagone et vient s’installer à La Réunion en pensant « quitter les dettes ». Elle ouvre une nouvelle entreprise de logistique, tandis que Loïc ouvre une entreprise de location de voitures. Les deux entreprises n’ont pas vraiment d’activité, mais des demandes de remboursement sur la TICPE seront formulées.

« J’étais prise dans un engrenage »

« Je ne voulais pas lâcher prise. J’étais prise dans un engrenage », explique Marie face aux juges. Elle assure « qu’elle faisait des demandes sans connaître les critères » et reconnaît avoir fait beaucoup d’erreurs. Elle jure que la garde à vue lui « a fait un électrochoc » et que, dorénavant, elle veut s’amender. De son côté, Loïc prétend qu’il ne savait pas ce qu’il se passait dans sa société.

Venu de l’Hexagone pour représenter les Finances publiques de plusieurs départements, Me Hugo Justes ne croit pas aux explications des prévenus sur leur ignorance. « On se rend bien compte dès le départ que ce sont des sociétés fictives, sans capital social. Monsieur a ouvert une entreprise de location de voitures sans voiture. » Il demande le remboursement des 44.000 euros de TVA non payés.

« Elle va fuir la métropole pour s’installer à La Réunion. Et que fait-elle ? Rebelote ! Elle crée une autre société. Juste avant son retour, elle monte une autre société au nom de Monsieur. Quand va-t-elle s’arrêter ? », tance le vice-procureur Antoine Barrat. Il requiert une peine de cinq ans de prison, dont trois avec sursis, pour Marie, et 36 mois, dont 18 avec sursis, pour Loïc, les deux peines étant assorties d’un mandat de dépôt.

Prison avec sursis et remboursements

Marie va supplier les juges de ne pas l’envoyer en prison, arguant qu’elle doit s’occuper de son enfant malade. Loïc promet qu’ils vont « travailler dur pour rembourser ».

Finalement, elle est condamnée à trois ans de prison avec un sursis probatoire de deux ans, tandis que son mari est condamné à 12 mois de prison, également assortis d’un sursis probatoire de deux ans.

Ils doivent rembourser 240.000 euros d’amende douanière pour la fraude à la TICPE et 44.000 euros pour la TVA, auxquels s’ajoutent 2.000 euros de frais d’avocat.

Etiquettes : Fraude fiscale | PU1 | TVA

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