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"Inquiétude grandissante" à La Réunion : pour les scientifiques, le bruit des cargos "menacerait" dangereusement les baleines

Ecrit par L-H.T – le lundi 29 juin 2026 à 08H05
Photo David PARIS

On ne le voit pas. On ne l'entend pas depuis la côte. Pourtant, sous la surface, l'océan réunionnais est de plus en plus bruyant. Un bruit produit par les cargos et les navires qui perturbe les cétacés, au point de compliquer leurs déplacements, leur alimentation et leur reproduction. Réunis au Grand Port Maritime, scientifiques et professionnels cherchent désormais des solutions.

Quand on pense à la pollution des océans, on imagine d'abord le plastique, les hydrocarbures ou les déchets. Beaucoup plus rarement... le bruit.

Pourtant, c'est aujourd'hui l'une des préoccupations grandissantes des scientifiques. Sous l'eau, le vacarme des moteurs, des hélices et du trafic maritime se propage sur des dizaines de kilomètres. Un brouhaha permanent qui brouille les repères des baleines, des dauphins et de nombreuses autres espèces marines.

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À La Réunion, où les baleines à bosse viennent chaque hiver mettre bas et élever leurs petits, la question devient de plus en plus sensible.

Réunis cette semaine au Grand Port Maritime, chercheurs, autorités publiques, gestionnaires du port et acteurs économiques ont fait le point sur cette pollution invisible à l'occasion d'un atelier organisé dans le cadre du programme international QWIO (Quieter Western Indian Ocean).

Depuis quatre ans, ce projet, piloté par la Wildlife Conservation Society, tente de mieux comprendre l'impact du trafic maritime dans l'ouest de l'océan Indien. Une région encore peu étudiée sur le plan acoustique, alors même que le nombre de navires ne cesse d'augmenter.

Travail de cartographie

À La Réunion, les travaux sont menés avec Globice, Bureau Veritas, Quiet Oceans et plusieurs partenaires scientifiques. Des hydrophones ont permis d'écouter l'océan, de mesurer les niveaux de bruit sous-marin et d'identifier les zones où les mammifères marins sont les plus exposés.

L'autre "inquiétude grandissante" concerne les collisions.

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À mesure que le trafic maritime s'intensifie, le risque de voir un navire percuter une baleine augmente lui aussi. Les chercheurs travaillent donc à cartographier les secteurs les plus sensibles afin d'imaginer des solutions concrètes, comme l'adaptation de certaines routes maritimes, des limitations de vitesse ou d'autres mesures permettant de réduire les risques sans pénaliser l'activité économique.

L'objectif de cet atelier était justement de partager les premières conclusions du programme et d'ouvrir la discussion avec les professionnels du secteur maritime.

Car le bruit sous-marin reste une pollution particulière. Invisible, souvent méconnue, mais bien réelle pour les animaux qui dépendent du son pour communiquer, se repérer, chasser ou retrouver leurs petits.

Etiquettes : étude | Globice | La Réunion | PU1 | Science

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