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Un bureau d’aide aux victimes dans les deux tribunaux judiciaires de l’île

« Les victimes ont l’impression de passer à côté du procès ; que tout est centré sur l’auteur des faits », déclarait ce vendredi le procureur de la République de Saint-Denis, Éric Tuffery. Et la justice reconnaît que dans les nombreuses étapes judiciaires, l’accompagnement et le suivi des victimes doivent être améliorés.   Dans le cadre de la […]

Ecrit par – le vendredi 21 février 2020 à 16H50

« Les victimes ont l’impression de passer à côté du procès ; que tout est centré sur l’auteur des faits », déclarait ce vendredi le procureur de la République de Saint-Denis, Éric Tuffery. Et la justice reconnaît que dans les nombreuses étapes judiciaires, l’accompagnement et le suivi des victimes doivent être améliorés.
 
Dans le cadre de la Journée européenne des victimes ce samedi, le président du tribunal judiciaire de Saint-Denis, Bruno Karl, la présidente du tribunal judiciaire de Saint-Pierre, Valérie Lebreton, la procureure  de la République de Saint-Pierre, Caroline Gaussen-Calbo, le procureur de la République de Saint-Denis, Eric Tuffery et leurs partenaires de l’Arajufa (Association réunionnaise d’aide judiciaire aux familles) et le réseau Vif (de lutte contre les violences intrafamiliales), entre autres, ont présenté les « bureaux d’aide aux victimes » (BAV).
 
Les deux tribunaux judiciaires de l’île à savoir celui de Saint-Denis et Saint-Pierre disposent désormais chacun d’un BAV. « L’objectif est que la victime soit suivie tout au long du parcours », explique Camille Goyet, directrice de cabinet du préfet. Éric Tuffery ajoute : « La victime doit pouvoir déposer plainte, être entendue rapidement, informée des décisions du procureur, avisée de la poursuite, prise en charge avant le procès, présente à l’audience, etc ». Les avocats de permanence sont donc joignables et un juriste se trouve en permanence dans les BAV. 
 
Un dispositif qui s’ajoute au travail déjà existant de l’Arajufa. L’association propose en tout 27 points d’accès aux droits. Des consultations sont possibles dans les commissariats, gendarmeries, mairies et hôpitaux. L’année dernière, 3000 personnes ont été reçues, 5500 consultations se sont tenues et 300 dossiers de « situation de grand danger » ont été traités.
 
Un « focus » sur les violences conjugales
 
Si ces bureaux accueillent les victimes à la fois d’actes délictuels ou d’accidents de la vie, il y a un focus sur les violences conjugales. « Les chiffres ne sont pas bon à La Réunion. Il y a en moyenne cinq plaintes par jour », avoue la présidente du réseau VIF, Geneviève Payet. Les chiffres des associations ont augmenté l’année dernière. Pour preuve aussi, les « téléphones grand danger » très demandés – et en rupture de stock – par les victimes. Des téléphones qui informeront désormais les magistrats et procureurs en temps réel ainsi que des demandes d’ordonnance de protection traitées en 6 jours et des appartements dédiés aux auteurs pour les éloigner de leur famille.
 
Des auteurs qui eux aussi bénéficieront d’un accompagnement psychologique, médical, social et juridique afin de tenter d’éviter, logiquement, davantage de victimes.

 

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