St-André : "Si zot y continu, mi tue zot toute"

Renvoyée un première fois sur demande du prévenu afin qu'il puisse préparer sa défense, l'audience portait sur faits de menaces de mort, de détention et port d'arme non autorisé. Le 15 novembre dernier à Saint-André, un couple se rend chez SOS médecin, car leur enfant de 4 ans ne va pas bien. Arrivés sur place, il y a tellement de monde que la mère, accompagnée de ses deux enfants d'une précédente relation, préfère repartir car les enfants n'ont pas mangé. Le ton monte sur le chemin du retour car madame trouve qu'il conduit dangereusement.
Très énervé et inquiet pour son fils, l'homme stoppe la voiture sur la chaussée et s'emporte "si zot y continu, mi tue zot toute". C'est à cet instant précis que leurs versions divergent : Elle l'accuse d'avoir pris un fusil placé sous le siège de la voiture alors qu'il la menaçait de mort, quand lui affirme que c'est elle qui a pris le fusil pour le menacer. Au final, ils se calment, le fusil retourne sous le siège et ils repartent. C'est un des enfants qui dira en audition "c'est maman qui avait le fusil". À la lecture de son casier judiciaire, il peut remercier l'enfant de sa compagne d'avoir dit la vérité. Multirécidiviste en matière de violence, il a déjà purgé une peine de 15 ans pour assassinat en 1997.
Un contexte plus complexe qu'il n'y paraît
Le contexte de cette affaire est plus complexe qu'il n'y parait. En effet, les deux enfants de la mère lui ont été retirés par mesure de protection, car son ex-compagnon les maltraitait. C'est grâce au prévenu, et la famille de celui-ci, qu'elle a pu les récupérer. Il apparaît, qu'après être retournés chez le médecin pour le petit, le praticien a fait une lettre d'hospitalisation. La mère constate que le médecin décrit un état élevé de stress chez le petit garçon. Vivant dans la peur de se voir de nouveau retirer ses enfants, elle a mal réagi pensant à ce qu'il pourrait arrivé si les services sociaux étaient alertés. Ce n'est que le lendemain qu'elle ira déposer plainte à l'encontre de son compagnon.
"Je comprends la peur qui est évoquée, elle vit avec la peur du placement. Ce soir-là, sa peur va se concrétiser quand elle doit aller chez le médecin. C'est à cause de la lettre du médecin qu'elle va porter plainte le lendemain matin. Elle n'a pas peur de Monsieur mais peur du placement, elle ne veut pas lui nuire. Le parquet aurait dû amener des faits, il y a un problème relationnel dans le couple mais pas de violences" plaide la défense. Le parquet, considérant que le prévenu est ancré dans la violence, estime que dans son cas, la possession d'un arme à feu est inexcusable, voire intolérable. Il requiert une peine 18 mois de prison plus la révocation d'un sursis de 2 mois et le maintien en détention.
Le tribunal, après avoir délibéré, relaxe le prévenu pour les faits de menaces de mort mais le condamne pour détention et transport d'arme sans autorisation à une peine de 7 mois de prison ferme, assortie du maintien en détention.


