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Son "sauveur" qui l’insulte et la frappe, pour elle c'est normal!

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 8 mars 2018 à 17H19

Comment honorer la journée des droits des femmes ? En administrant quelques claques à sa compagne voyons… Jean-Marie, 43 ans, était devant le tribunal correctionnel ce jeudi en comparution immédiate, non pas parce que les faits sont choquants, mais parce qu’il le fait un peu trop souvent.
 
Dans la nuit de mardi à mercredi, les forces de l’ordre sont appelées à la Chaumière à Saint-Denis par une femme qui s’est réfugiée chez sa sœur, dans le même immeuble que son propre appartement. Elle a peur…
 
Elle raconte que son concubin l’a d’abord insultée en se réveillant d’un sommeil bien alcoolisé à 15h : "Spes pitin, spes racaille, fé bour a ou !" Charmant. Et il conclut l’échange avec deux claques au visage et une menace de coup de poing. S’enfuit-elle ? Appelle-t-elle la police ? Pas besoin, elle a l’habitude. Jean-Marie est sont "sauveur" car il l’a enlevée de l’emprise d’un homme violent il y a deux ans. Et les insultes, elle ne les prend pas mal car c’est un rituel quotidien ; il a juste un problème avec l’alcool.
 
Il se recouche, fatigué de cet effort physique qu’a été de violenter une femme. À minuit, elle a le malheur de le réveiller pour qu’il mange son repas. Il l’insulte à nouveau - rien de choquant donc - puis s’attable. "Mi mange pa manger glacé !" crie-t-il en balançant son assiette. Et là il la menace. Et elle, enfin, prend peur.
 
Des "jeux de mains", claques et doigts d’honneur… "pour nous c’est normal"
 
Lui dit ne se souvenir de rien. Une amnésie bien pratique ? Peut-être, mais vu les 2,40 g d'alcool par litre de sang, c’est fort probable. Il boit souvent mais selon lui, ce n’est pas un problème car il peut arrêter quand il le souhaite. "Mais quand je bois, je deviens violent". "Pourquoi vous n’arrêtez pas alors ?" demande la présidente d’audience. C’est qu’ils ont l’habitude de boire ensemble, ces amoureux, et ça n’arrange pas les choses. "Quand il ne boit pas, c’est quelqu’un de bien", aurait affirmé sa compagne.
 
Mais il croit à ce que dit sa compagne car ce n’est pas la première fois. "Ce sont des jeux de mains, des claques sur les fesses, les cuisses, des doigts d’honneur, mais pour nous c’est normal". Mais s’il est allé trop loin cette fois-ci, il se dit déçu de son comportement : "Je ne peux pas me regarder en face".
 
C’est bien beau mais Jean-Marie, père de sept enfants qu’il n’a pas reconnus, a 13 condamnations sur son casier judiciaire dont quatre pour violences. Deux d’entre elles proviennent de violences sur une ex-concubine en 2012 et 2013.
 
La tolérance des femmes battues
 
Il s’agit donc d’une très mauvaise habitude qu’a Jean-Marie. Mais qu’a-t-il dit ou fait cette fois si pour lui faire si peur ? "Elle a manifestement une tolérance élevée pour la violence mais cette fois-ci, elle a porté plainte", rappelle l’avocate de la partie civile. "Les femmes battues ont un seuil de tolérance bien plus élevé que les autres femmes", confirme la procureure qui a requis 3 ans de contrainte pénale et un an de prison en cas de non respect de ses obligations.
 
Dans une salle d’audience majoritairement féminine, Jean-Marie a été condamné à 2 ans de contrainte pénale et 6 mois de prison en cas de non respect. Une peine plus soft que du sursis pour ce batteur de femmes ? Pas du tout. La présidente rappelle que la contrainte pénale est bien plus stricte. Et un pas de travers, direction la prison.

 

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