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Serge Hoareau : “Ma porte est toujours ouverte et j’entends poser les problèmes sur la table »

Le vice-président en charge de l'agriculture au Département réagit aux difficultés sociales et financières rencontrées par la Chambre d'agriculture, mais aussi par le GDS.

Ecrit par P.B. – le jeudi 15 février 2024 à 07H21

“Pur hasard du calendrier », assure Serge Hoareau, si deux des structures qui accompagnent le monde agricole réunionnais connaissent des difficultés économiques et sociales. La Chambre d’agriculture et le Groupement de défense de Sanitaire (GDS) sont certes des entités différentes, (l’une organisation consulaire, l’autre association) mais toutes les deux ont en commun d’être soutenues par le FEADER dont l’autorité de gestion est le Département. Les comptes dans le rouge, souffrant de conditions de travail dégradées, les salariés de la Chambre d’agriculture et du GDS sont ainsi entrés en grève. “Le problème est structurel et ne date pas d’hier. Les difficultés sont issues des différentes responsabilités qui se sont succédé”, analyse la situation Serge Hoareau, le premier vice-président délégué aux affaires agricoles, européennes et institutionnelles.

Pour la Chambre d’agriculture, “des audits ont été faits avec des préconisations à mettre en œuvre. C’est douloureux, c’est compliqué, mais parfois, c’est nécessaire pour ne pas mettre toute la structure en péril”. Outre la nécessité d’améliorer la trésorerie de l’institution, à lire entre les lignes, la masse salariale resterait donc la pierre d’achoppement au redressement de la Chambre verte.

“Les fonds publics sont là pour accompagner. Ils représentent 72% à la Chambre. Il y a un budget alloué qu’il faut être capable de tenir parce que ce budget public n’est pas extensible. Le Département n’ouvre pas les vannes. Ce sont des financements pour un travail qui est attendu. Je ne dis pas que le travail n’est pas fait, mais il doit y avoir une bonne coordination dans l’exécution ”, prône le premier vice-président. Une “gestion en bon père de famille”, qualifie-t-il en résumé.

Loin de vouloir s’”immiscer dans la gestion des structures”, Serge Hoareau explique que, « le Département confie des missions, les finance, mais s’il n’y a pas les rapports demandés ou qu’ils n’arrivent pas à temps, on ne peut rien verser. La gestion administrative des structures doit alors être plus rigoureuse”, livre l’élu.

“Il n’y a pas d’ingérence, les gouvernances doivent prioriser leurs actions.” Serge Hoareau regarde là aussi en direction du Groupement de défense de Sanitaire. Entrés en grève en début de semaine, les salariés ont finalement obtenu la démission de la présidente. “Parfois, on oublie les règles de gestion des deniers publics. Cela a posé question ces dernières années au GDS. J’espère que la nouvelle présidence va exercer une meilleure répartition des deniers publics”.

« Parfois les informations sont mal comprises »

Compétent sur le secteur agricole et autorité de gestion du FEADER, “le Département a toujours accompagné les structures comme la Chambre, le GDS ou le FDGDON (Fédération Départementale des Groupements de Défense contre les Organismes Nuisibles) sortie de l’ornière. Il a eu changement de présidence, changement de direction et les comptes sont devenus plus sincères”, se remémore Serge Hoareau.

“Ma porte est toujours ouverte et j’entends poser sur la table les problèmes de manière très factuelle. Parfois les informations sont mal comprises ou interprétées et elles peuvent donner à des incompréhensions inutiles”, tient à préciser l’élu pour expliciter ses propos sur les techniciens de la Chambre verte. “Je n’ai jamais dit qu’il n’y avait pas de compétence, mais j’ai parlé d’une montée en compétence”.

“Après, il y a des solutions possibles et des demandes qui ne sont pas faisables”, pose-t-il dans le débat. “Mais en aucun cas le Département a failli, nous avons toujours répondu présent à travers le FEADER ou les fonds propres et nous allons continuer à le faire”, rassure Serge Hoareau.

L’élu a ainsi proposé une séance avec la présidence et la direction de la Chambre. Elle se tiendra sûrement après le Salon International de l’Agriculture. Durant l’événement, Serge Hoareau entend y faire “la promotion du monde agricole réunionnais qui reste un modèle malgré les difficultés. L’occasion de montrer à ceux qui nous gouvernent le pouls de l’agriculture réunionnaise qui reste un secteur d’activité fort après le passage du cyclone”.

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