Chambre d’agriculture : Frédéric Vienne pris entre le marteau et l’enclume

Le 13 décembre dernier, lorsque les salariés de la Chambre d’agriculture avaient posé leur piquet de grève devant le palais de la Source sans perturber la tenue de l’assemblée plénière, Frédéric Vienne se tenait parmi les grévistes et les syndicalistes. Moins de deux mois plus tard, le président de la Chambre est apparu isolé ce mercredi, conspué par certains salariés et laissant entendre autour de lui qu’il était prêt à démissionner de son poste si cela pouvait ramener la sérénité dans le fonctionnement de l’institution.
Avant de recevoir, entouré du bureau de la Chambre et de la direction, les représentants du personnel, Frédéric Vienne a pris soin de laisser filtrer sa version des faits sur la situation actuelle, au détour d’une conversation improvisée avec Hermann Hosteing, le président du Groupement des agriculteurs/rices biologiques de La Réunion, qui venait d’être reçu par Bruno Robert.
« L’État nous recommande de supprimer la moitié de nos salariés, tout en nous disant qu’il faut faire de la souveraineté alimentaire : c’est impossible. Et même en diminuant de 50 % mes effectifs, cela ne règle pas mon problème des 5 ou 6 millions d’euros de dettes sociales et fiscales datant de 2014. L’État pourrait faire un geste là-dessus, mais je ne l’ai jamais entendu se positionner sur ce dossier », a fait valoir Frédéric Vienne.
Et le président de la Chambre, candidat à un retour à la présidence de la FDSEA pour, dit-il, retrouver sa « liberté de parole », de poursuivre : « L’acharnement à vouloir réduire les effectifs de la Chambre d’agriculture ne règlera pas le problème. Au contraire, cela va amplifier l’absence d’accompagnement des agriculteurs sur le terrain. »
Frédéric Vienne répète au passage que l’avance d'un million d’euros promise en décembre par le Département, pour assurer le paiement de près de trois mois de salaires des agents de la Chambre, n’est toujours pas versé. Le conflit ouvert avec le premier vice-président du Département, Serge Hoareau, aurait selon lui une incidence sur le conflit social actuel.
« Il est vrai qu’on a eu des accrochages avec Serge Hoareau, mais Serge Hoareau ne s’en est jamais pris à Frédéric Vienne. Il s’en est pris aux salariés, c’est plus grave. Ce n’est pas parce qu’on finance l’agriculture qu’on représente l’agriculture : la politique agricole, elle doit être menée par la Chambre d’agriculture. C’est pour ça que je dis : chacun à sa place », martèle Frédéric Vienne, désormais en campagne.
Les salariés, eux, ont voté la reconduction de la grève, après l’absence d’accord sur la revalorisation de leur point d’indice, pourtant votée en commission nationale paritaire. Selon les élus syndicaux, la préfecture aurait au contraire décidé de raboter le point d’indice spécifique aux salariés de la Chambre d’agriculture de La Réunion, pour le ramener au même niveau que celui de leurs collègues de l’Hexagone.
La grève se poursuit à la Chambre d’agriculture sur fond de campagne électorale


