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Mise en demeure, comptes dans le rouge, démissions…le GDS Réunion au bord du précipice

Rien ne va plus au sein du Groupement de Défense Sanitaire (GDS) Réunion. Alerté par les différents acteurs du monde agricole et par ses propres services, le préfet a mis en demeure l'association. Elle risque, à terme, de perdre sa reconnaissance d'organisme à vocation sanitaire (OVS) pourtant essentielle à la mise en œuvre des mesures sanitaires dans l'île.

Ecrit par Prisca Bigot – le vendredi 12 janvier 2024 à 18H15
 

La situation au sein de l’association est “dramatique” décrivent différentes sources proches de l’association. Si l’ombre de l’ancien président Jérôme Huet continue à planer sur la gouvernance du GDS, pourtant présidée par Yolaine Soucane et dirigée par Christian Lacroix, “il n’y a plus vraiment de capitaine à la barre”, se désole un proche de l’association. Le GDS va droit dans le mur. Le directeur technique a été remercié il y a 6 mois, le DG “omnipotent” est surtout “dépassé”, les lettres de démissions et les procédures s’entassent alors que le conseil d’administration n’a toujours pas été reconstitué dans les règles.

Fin décembre dernier, le préfet a finalement décidé de siffler la fin de la récré. Le GDS Réunion est mis en demeure. Dans son courrier, le représentant de l’État note une “fragilité récurrente de la structure” et pointe “ la perte de confiance des professionnels” ou encore “une remise en question de la légitimité, voire de la légalité des orientations ou décisions prises par l’organe de gouvernance”.

La dernière assemblée générale du 3 novembre 2023 a fait éclater l’importante crise de gouvernance que traverse l’association depuis des années. Avec seulement trois membres du bureau encore présents sur les neuf élus, le GDS souffre d’une absence de représentation équilibrée. Une disposition pourtant inhérente aux statuts de l’association. Le GDS a donc quatre mois pour se mettre en conformité, prévient le préfet, sous peine de se voir suspendre, voire même retirer sa reconnaissance d’OVS.

Défiance des financeurs

Pour échapper à la mise en demeure, la présidente du GDS Réunion a bien tenté de reconstituer un conseil d’administration en un temps record. Une vingtaine de candidatures soumises à “un comité d’évaluation indépendant” créé pour l’occasion, ont été reçues. Ces candidatures d’éleveurs de la filière bovine, porcine, volaille ou encore apicole “doivent être votées en assemblée générale”, martèle Jean-Michel Moutama. “Cette commission indépendante n’a aucune valeur légale”, tempête le président de la CGPER, investi dans l’assainissement du GDS Réunion. “Perdre l’OVS serait catastrophique”, présage le syndicaliste. Grâce à cette reconnaissance, le GDS assure en effet des missions de lutte, de surveillance et de protection en santé animale. “Des missions importantes alors que nous avons eu des cas de grippe aviaire, la présence dans les ruches du petit coléoptère, du varroa ou encore la mise en place du plan d’éradication de la leucose”, rappelle Jean-Michel Moutama.

Sur le plan financier, le GDS Réunion, alimenté à 70 % par des fonds publics, est également au bord du précipice. La structure n’a plus la confiance de ses financeurs et se murmure dans les couloirs du GDS la question des licenciements. 41 personnes dont des vétérinaires, des ingénieurs ou encore des techniciens travaillent au sein du GDS Réunion.

Dans ce marasme, malgré les nombreuses alertes du monde agricole et des salariés eux-mêmes, la gabegie continue et le sentiment d’impunité gronde. La présidence dilapide l’argent en frais de bouche et trouve le temps de poursuivre ses voyages. Le dernier en date a été effectué à Rome dans le cadre d’un colloque sur le bien-être animal pour lequel aucun rapport des participants n’a pour l’heure été transmis…

Pour Jérôme Robert, président de la Sica Révia, “La Réunion a besoin d’un GDS à la hauteur des enjeux du territoire. Aucune filière n’est exempt de ces missions”. La coopérative agricole, inquiète de la situation au sein du GDS, avait également alerté le préfet. “Si les missions sont assurées tant bien que mal, nous craignons un point de non-retour. Soit le GDS est sauvé, soit une nouvelle structure est créée, mais on ne peut pas faire sans OVS”.

 

 

Thèmes : GDS
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