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Saint-André: Un cambriolage qui tourne à la torture

Le traumatisme de cet après-midi là, la hante encore aujourd’hui. Deux hommes qui entrent dans une maison dans laquelle se trouve une femme, pour y voler ses biens, c’est déjà choquant. Mais lorsque cette dernière se voit menacer de perdre un membre, et même la vie, à de nombreuses reprises pendant plusieurs heures, cela devient traumatisant. […]

Ecrit par SH – le vendredi 09 mars 2018 à 17H57

Le traumatisme de cet après-midi là, la hante encore aujourd’hui. Deux hommes qui entrent dans une maison dans laquelle se trouve une femme, pour y voler ses biens, c’est déjà choquant. Mais lorsque cette dernière se voit menacer de perdre un membre, et même la vie, à de nombreuses reprises pendant plusieurs heures, cela devient traumatisant.
 
Les faits remontent au 21 avril 2015 dans une maison de Saint-André. Une femme travaille dans son bureau. Elle aperçoit deux ombres du coin de l’œil, se retourne et voit deux hommes torse-nu, les t-shirts autour de leur visage. Le plus grand tient un sabre. Ils demandent à avoir ce qu’il y a de valeur, elle leur avoue qu’il n’y a pas grand chose.

La réponse ne plaît pas : le plus grand menace de lui couper un doigt, puis quatre, puis place le sabre sur son poignet et menace de faire sauter la main. Son berger allemand se met à aboyer, ce qui ne plait pas à ses agresseurs. Le chien va-t-il se prendre un coup de sabre ? Elle tente de le calmer. Elle aussi essaye tant bien que mal de rester calme, voyant leur jouissance quand elle commence à s’affoler.
 
« C’est grâce à son sang froid qu’on n’est pas aux assises »
 
Bijoux, montres, téléphones… Ils fouillent toute la maison. Enfin, c’est elle qui fouille pour eux. Car comme des professionnels, ils savent qu’ils doivent éviter de laisser leurs empreintes et ADN. Et les menaces continuent, le sabre collé à la gorge ou sur le ventre.
 
Prochain arrêt : la chambre. La torture psychologique continue pour cette femme. Les deux hommes lui ordonnent de s’allonger sur le lit. Là, elle se dit que c’est le viol assuré. Mais elle garde son calme et le plus grand lui demande son collier. Elle négocie avec lui afin de pouvoir garder le médaillon de son baptême. Étonnamment, il accepte. Et là elle réalise qu’il est à côté dans la chambre d’amis en train d’y mettre le feu alors que le plus petit la surveille. Prise de panique, elle tente d’éteindre les flammes mais ils l’en empêchent, le sabre fixé sur sa gorge. Les flammes envahissent la maison, les hommes disparaissent et elle tente de stopper le feu. Les bras brûlés et les poumons remplis de fumée, elle s’enfuit avec son chien chez les voisins.

Comme le confirme l’avocate de la partie civile et la procureure, « c’est grâce à son sang froid qu’on est pas aux assises ».
 
Le premier disparu, le deuxième inconnu
 

Un jeune est interpellé quatre jours plus tard. Il est reconnu grâce à une caméra de surveillance de la ville et à des tatouages sur le corps. Il s’agit de Smael Houmadi, 18 ans. Et il est connu de la justice, avec une dizaine de condamnations sur son casier judiciaire alors qu’il est tout juste majeur. Vols aggravés, vols en réunion, vols avec ruse… la liste est longue.

En garde à vue il nie les faits. « Je m’en fous, ramenez moi dans ma cellule », dit-il, comme le rappelle l’avocate de la partie civile. Au bout de plusieurs auditions, il finit par reconnaître les faits. Mais il était « sous l’effet », ayant bu on ne sait qu’elle substance qu’un copain lui avait donné. Il s’agit même d’un complot contre lui. Mais il se comporte également comme s’il ne craignait rien, déclarant que les enquêteurs ne trouveraient pas son ADN sur place. La mémoire n’est pas si mauvaise que ça alors…
 
Il a raison, les éléments sont insuffisants pour l’incarcérer et il est placé sous contrôle judiciaire. Sans surprise, il n’est pas au tribunal correctionnel de Champ Fleuri ce vendredi pour son procès. La procureure a requis 6 ans de prison et un mandat d’arrêt à son encontre, histoire de faire passer le message.

Le tribunal est allé au delà des réquisitions et l’a condamné à 10 ans de prison avec un mandat d’arrêt à la clé.
 
Le deuxième jeune homme n’a quant à lui pas pu être identifié.

 

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