Sa réinsertion était bien partie…un coup de poing fiche tout en l’air !

La trentaine sportive, bien mis, poli, cohérent dans son propos, Vincent peut se targuer d’un CV copieux. Pas moins de 11 mentions, essentiellement pour violences diverses, aggravées ou pas, menaces de mort plus quelques bricoles sans intérêt. La prison, il connaît. Trop sans doute, ce qui l’a poussé dans la voie de la réinsertion et ce n’est pas de la frime, de l’intox.
Au cours de ses diverses « permissions », entendez les périodes non embastillées, Vincent a réellement cherché, et trouvé du travail à la mairie du Tampon. Fiches de paye à l’appui. Le juge de l’application des peines lui avait d’ailleurs accordé le régime de la semi-liberté afin de favoriser une réinsertion sociale qui semblait très bien partie.
Mais alors ?...
Alors ? Le 31 décembre dernier, Vincent réintègre sa cellule de la prison de Saint-Pierre avec un sérieux handicap : il a eu des ennuis à l’extérieur, a sans doute picolé et prend très mal les remarques qui lui sont faites par le sous-directeur de l’hôtel de Cayenne.
On le colle donc en cellule pour lui apprendre à vivre et un peu plus tard, lors d’une tentative d’explication, il bugne sévèrement le même sous-directeur. Lequel dit à la barre qu’il n’y comprend rien puisque ce détenu, réellement sur la bonne voie, n’a jamais réagi de cette façon.
« C’est un gâchis lamentable, a souligné le substitut Bernard, car cet homme semblait réellement vouloir reprendre sa place dans la société. Et voici qu’il gâche tout en quelques minutes ! Il était libérable en septembre prochain et ne parvient pas à se maîtriser. Ses tendances à la violence sont illustrées par son casier judiciaire ». En fonction de quoi l’accusateur réclame 18 mois ferme supplémentaires.
La défense n’a pu que solliciter la clémence du tribunal, « étant donné que suite à son débordement, il a déjà subi 30 jours de quartier disciplinaire, peine très lourde, quasiment jamais décidée à la prison ».
Le tribunal s’est arrêté à 10 mois ferme plus 2600 euros d’amendes diverses.
La commune du Tampon a fait valoir que son contrat de travail ne serait pas annulé… à condition qu’à sa sortie de prison, il lui reste encore des mois à bosser. Vu la condamnation (qui s’ajoute à la peine actuellement subie), ça semble mal barré.


