Quelques dizaines de casseurs, des exactions très localisées. Le reste de la Réunion vit normalement

Si la nuit des Dionysiens a encore été perturbée par les explosions des grenades à effet de souffle dans le quartier du Chaudron et par le bruit de l'hélicoptère de la gendarmerie survolant les quartiers une bonne partie de la nuit, force est malgré tout de reconnaitre que les explosions de grenades ont été bien moins nombreuses et que les exactions ont très nettement baissé en intensité.
Finies les véritables vagues de manifestants qui montaient à l'assaut des quelques rares gendarmes protégeant le Score du Chaudron dans la nuit de mercredi à jeudi, au point qu'ils ont à plusieurs reprises réussi à atteindre le magasin sans toutefois parvenir à y pénétrer.
Hier soir, les émeutiers étaient d'une part moins nombreux, mais surtout le rapport de force s'est inversé. L'arrivée des 80 nouveaux gendarmes a manifestement changé la donne. Ces derniers ont eu les moyens d'occuper les points stratégiques, comme le carrefour du CASE, obligeant les casseurs à se disperser en petits groupes moins efficaces.
D'autre part, les forces de police étaient également très présentes, opérant de très nombeuses arrestations. De quoi calmer les ardeurs de certains...
Autre chose à signaler : les incidents étaient circonscrits dans un périmètre de 500 mètres sur 500 mètres, dans le quartier du CASE. A 200 mètres de là, quelle n'a pas été notre surprise de découvrir des couples d'un certain age en train de prendre l'air devant leurs maisons, tranquillement installés sur des chaises pliantes. Juste à côté, un bar était ouvert et des jeunes y jouaient au billard et au baby-foot...
La même impression prévalait dans les autres villes touchées par les événements. A lire les titres de certains articles, on pourrait penser que la Réunion est à feu et à sang. En fait, les troubles ne concernent que quelques points très concentrés, comme autour de la mairie de St-Louis ou le boulodrome de St-Pierre.
Et meme le mot de trouble est parfois un peu fort. Deux poubelles renversées et auxquelles deux ivrognes ont mis le feu, et on a l'impression que Salazie, un des quartiers les plus tranquilles de France, est à feu et à sang.
Meme nous journalistes avons parfois tendance à nous emballer dans le feu de l'action. Il faut aussi savoir faire notre auto-critique et remettre les choses en perspective, une fois le calme revenu.
Ce matin, une fois les poubelles et les carcasses de voitures brulées évacuées, la Réunion reprend normalement ses activités. Comme si de rien n'était.
En espérant que, contrairement aux rumeurs circulant actuellement par textos et sur les réseaux sociaux, les quartiers conservent leur tranquilité ce soir...


