Procès du foyer de Terre Rouge: le procureur ne croit pas à la naïveté des élus
Le procureur Laurent Zuchowicz a requis des peines de trois ans d’inéligibilité à l’encontre de Nassimah Dindar, Jean-Jacques Vlody, Bachil Valy et Michel Soucramanien devant le Tribunal de Saint-Pierre ce jeudi après-midi. Des peines assorties de 4 à 6 mois de prison avec sursis et d’amendes allant de 10.000 à 30.000 euros. Il a soulevé plusieurs points lors de son réquisitoire.
Ecrit par zinfos974 – le jeudi 10 mars 2016 à 22H45
"Je veux bien que l’on se pose en sauveur de l’emploi mais dans cette affaire, il y a eu autant de gens qui ont perdu leur emploi que de gens qui en ont trouvé un". Le ton est donné par le procureur. Pour ce dernier, "il ne faut pas inverser les rôles".
Il rend hommage à l’ancienne directrice du foyer de l’enfance de Terre Rouge, Mme Brelle dont il salue le
"courage et la persévérance. Elle a dû se retrouver seule en situation d’adversité". Pour lui, difficile d’imaginer que Nassimah Dindar n’ait pas été au courant de ce qui se passait.
"Les petits arrangements, ce qui se passe aux étages supérieurs a mis en péril le fonctionnement du foyer".
Remplacer massivement le personnel qualifié avec des personnes non-qualifiées a eu des conséquences
Le procureur rappelle également la préoccupation première : le fonctionnement de cet établissement accueillant un public de jeunes personnes en difficulté, l’établissement qui devait continuer à fonctionner alors même que plus d’une dizaine de postes n’étaient pas renouvelés. "Remplacer massivement le personnel qualifié par des personnes non qualifiées a eu des conséquences sur ces enfants", souligne Laurent Zuchowicz.
Au delà de l’intention de "vouloir faire pleurer dans les chaumières", il recadre le débat non pas sur les hommes et femmes politiques mais bien sur les pratiques employées. "On franchit une limite lorsque le système est verrouillé, et que les gens n’arrivent à trouver un emploi que par le biais des élus et parce que l’on gravite dans le cercle politique de ces élus".
Laurent Zuchowicz tient également à qualifier les faits de manière précise. "Le favoritisme, c’est la récompense d’un engagement en faveur d’un élu". Il conclut en appuyant la caractérisation des faits. Selon lui, il y a bien atteinte à l’égalité d’accès à la fonction publique, produisant des effets "catastrophiques dans la sphère publique" ainsi que des effets immédiats sur le foyer. "Ces enfants étaient déjà assez en difficulté comme ça, il fallait assurer leur sécurité".