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POSEI : de retour de Bruxelles, Olivier Fontaine reste "inquiet"

Ecrit par P.M. – le dimanche 10 mai 2026 à 14H28
"Il faut qu'on se batte très fort collectivement sur ce sujet", a plaidé Olivier Fontaine concernant le POSEI lors de son discours ce samedi.

Après deux jours d’échanges à Bruxelles, le président de la Chambre d’agriculture de La Réunion, Olivier Fontaine, dit rester préoccupé pour l’avenir du POSEI, malgré des signaux "encourageants" du Parlement européen.

Le président de la Chambre d’agriculture de La Réunion, Olivier Fontaine, ne baisse pas la garde et continue de tirer la sonnette d’alarme sur l’avenir du POSEI.

En déplacement cette semaine à Bruxelles avec une délégation des chambres d'agriculture de France, il estime que les discussions engagées autour de la future Politique agricole commune (PAC) et du programme destiné aux régions ultrapériphériques restent préoccupantes.

A l'occasion de l'inauguration de la Foire agricole, ce samedi, Olivier Fontaine est revenu sur les différentes rencontres menées avec la représentation permanente de la France auprès de l’Union européenne, des eurodéputés et plusieurs commissaires européens.

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“Le Parlement envoie un signal positif”

Point positif, le Parlement européen a affiché une position favorable au maintien d’un budget spécifique pour les outre-mer et le POSEI. “Le Parlement est plutôt dans une posture d’avoir un budget dédié pour le POSEI et les outre-mer, avec quasiment un doublement de l’enveloppe”, explique-t-il.

Le président de la Chambre d’agriculture évoque une enveloppe qui pourrait atteindre près de 7 milliards d’euros, contre environ 4,5 milliards actuellement. Un vote qu’il qualifie de “quasi unanime” au Parlement européen.

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Pour autant, les arbitrages définitifs dépendront désormais du Conseil européen et des chefs d’État. “C’est là que ça va se négocier”, souligne-t-il, en appelant l’État français à clarifier rapidement sa position sur les fonds européens agricoles.

La délégation de chambres d'agriculture France a notamment pu rencontrer le député Younous Omarjee (photo D.R).

Une inquiétude persistante face à la position de la Commission

Dans un message publié depuis Bruxelles, Olivier Fontaine avait déjà dit rester “inquiet pour le POSEI”, malgré le soutien affiché du Parlement européen.

“Le POSEI, c’est plus de 30 ans de politique agricole construite pour nos filières canne, animales et végétales dans nos territoires ultramarins”, rappelle-t-il. “C’est ça que la Commission européenne propose de faire disparaître. Enfin… elle le dilue.”

Selon lui, la Commission européenne souhaite intégrer le POSEI dans “un règlement transversal”, sans garantie d’une enveloppe clairement identifiée pour les territoires ultramarins et leurs filières agricoles.

On se retrouve noyés dans une enveloppe commune où personne ne pourra plus dire combien va vraiment à l’agriculture et aux DOM”, s'inquiète-t-il.

Défendre un POSEI "autonome"

Face à cette perspective, la délégation a porté plusieurs demandes précises auprès des institutions européennes : le maintien d’un règlement POSEI autonome, une ligne budgétaire dédiée ainsi qu’un renforcement des moyens alloués aux filières de diversification végétale et animale, “sans oublier la canne à sucre”.

Au cours de ces deux jours de déplacement, les représentants agricoles ont rencontré plusieurs eurodéputés de différents groupes politiques ainsi que les commissaires européens à l’Agriculture, Christophe Hansen, et à la Santé, Olivér Várhelyi.

Olivier Fontaine estime que certains commissaires affichent une écoute favorable aux revendications ultramarines, tout en reconnaissant que les décisions finales dépendront du niveau politique européen.

“Dans six mois, il sera trop tard”

Pour le président de la Chambre d’agriculture, les prochains mois seront déterminants pour l’avenir du dispositif européen. “Les textes s’écrivent maintenant. Dans six mois, il sera trop tard”, prévient-il.

Il appelle à poursuivre la mobilisation : "Même si le Parlement européen a donné un signal fort, il nous reste encore à convaincre le Conseil et surtout la Commission qui reste figée sur ses positions. Il faut qu'on se batte très fort collectivement sur ce sujet", a-t-il plaidé lors de son discours ce samedi.

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