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Tracé, temps de trajet, variantes… ce que l’on sait du futur Réunion Express

Ecrit par S.I. – le vendredi 26 juin 2026 à 06H31

Où passera le futur train réunionnais ? Quels secteurs desservira-t-il ? Combien de temps faudra-t-il pour rejoindre Saint-Denis depuis l'Est ou l'Ouest ? Alors que la Région vient de présenter le Réunion Express, décryptage des principaux tracés et des gains de temps attendus pour les usagers.

La Région Réunion a levé le voile ce jeudi 25 juin sur les contours du Réunion Express, son ambitieux projet de train régional destiné à désengorger un réseau routier saturé. Pensé comme la future colonne vertébrale des mobilités dans l’île, ce réseau ferroviaire de près de 140 kilomètres pourrait transporter jusqu’à 100.000 voyageurs par jour et relier les principaux bassins de vie réunionnais à partir de 2035.

Lire aussi : 140 km de rails, 25 gares : la Région dévoile les contours de son "Réunion Express"

Au-delà de l’annonce, plusieurs éléments concrets émergent désormais : tracé envisagé, temps de parcours, variantes encore à l’étude ou encore connexions avec les réseaux de bus et de téléphériques.

Un axe ferroviaire de Saint-Benoît à Saint-Joseph

Le tracé de référence retenu par la Région s'appuie largement sur les grands axes routiers existants. Depuis le giratoire des Plaines à Saint-Benoît, la ligne longerait la RN2 jusqu'à Sainte-Marie avant de desservir l'aéroport Roland-Garros et Saint-Denis. Elle emprunterait ensuite le corridor de la Nouvelle Route du Littoral, puis longerait la RN1 jusqu'à Saint-Paul avant de poursuivre vers le Sud-Ouest et le Sud de l'île jusqu'à Saint-Joseph.

Le projet prévoit environ 25 stations réparties dans 16 communes, avec des trains circulant entre 100 et 110 km/h et un passage toutes les 10 à 15 minutes aux heures de pointe.

Trois secteurs encore en débat

Si l'ossature générale du projet est définie, plusieurs portions du tracé restent ouvertes à la concertation.

Le premier point concerne la traversée de Saint-Denis. Le chef-lieu, avec plus de 156.000 habitants, constitue un enjeu majeur en matière de desserte et d'articulation avec les futurs transports urbains de la Cinor, notamment le projet Baobab et les téléphériques urbains. Plusieurs itinéraires restent à l'étude.

Autre secteur stratégique : les 30 kilomètres entre Saint-Paul et Saint-Leu. Deux options sont envisagées. La première longerait la Route des Tamarins à mi-pente afin de privilégier la vitesse et de limiter les contraintes foncières. La seconde se rapprocherait davantage du littoral et des zones urbanisées, avec une desserte directe des principaux pôles touristiques et économiques de l'Ouest.

Enfin, dans le Sud, le franchissement de la rivière Saint-Étienne et la desserte du secteur de Pierrefonds restent également à préciser. Deux variantes sont actuellement étudiées entre Saint-Louis et Saint-Pierre.

Un défi environnemental de taille

Si le tracé se précise, son insertion dans le territoire réunionnais constitue l'un des principaux défis du projet. Avec près de 140 kilomètres de voies, le Réunion Express devra traverser plusieurs espaces naturels sensibles, des ravines et des secteurs reconnus pour leur richesse écologique, à l'image de la forêt de l'Étang-Salé ou de la savane du Cap Lahoussaye. 

Pour limiter son impact sur l'environnement et les terres agricoles, la Région privilégie une implantation le long des infrastructures existantes lorsque cela est possible. Le projet pourra notamment s'appuyer sur certains ouvrages déjà conçus pour accueillir des transports collectifs, comme la Nouvelle Route du Littoral, dont les viaducs ont été anticipés pour permettre le passage du train entre Saint-Denis et La Possession sans atteinte au massif de La Montagne.

Des gains de temps spectaculaires annoncés

L'un des principaux arguments avancés par la Région concerne le gain de temps pour les usagers.

Selon les études présentées par la Région, le Réunion Express offrirait des temps de trajet particulièrement compétitifs face à la voiture aux heures de pointe. Il permettrait ainsi de relier Saint-Benoît à Saint-Denis en 35 minutes, contre plus d'une heure actuellement, mais aussi Saint-Paul au chef-lieu dans le même temps. Entre Saint-Pierre et Saint-Paul, le parcours serait ramené à 40 minutes, tandis qu'un trajet entre Saint-Joseph et Saint-Pierre ne prendrait que 15 minutes, contre près de 50 minutes aujourd'hui lorsque la circulation est la plus dense.

La Région met également en avant la régularité du train, moins exposé aux aléas de circulation qui affectent quotidiennement les automobilistes.

Un projet pensé avec les bus et les téléphériques

Le Réunion Express ne doit pas fonctionner seul. L'objectif affiché est de l'intégrer à l'ensemble des projets de mobilité déjà engagés par les intercommunalités. Ainsi, les futurs réseaux de bus à haut niveau de service (BHNS), les transports par câble de la Cinor, le projet Esti+ dans l'Est, le BHNS Ouest ou encore les projets Neo de la Civis et de la Casud devront être connectés aux futures gares afin de faciliter les déplacements du premier et du dernier kilomètre.

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Pour accompagner cette intermodalité, entre 4.000 et 5.000 places de stationnement seraient aménagées dans les parkings-relais situés à proximité des stations.

La Région envisage également une utilisation du réseau pour le transport de marchandises grâce à un système baptisé "TramFret". Des rames dédiées pourraient circuler entre les trains voyageurs ou en dehors des heures d'exploitation afin de réduire une partie du trafic routier de marchandises.

Le financement reste le principal défi

Estimé entre 5,2 et 6 milliards d'euros, le projet constitue l'un des plus importants investissements publics jamais envisagés à La Réunion. Une première phase représenterait à elle seule environ 3 milliards d'euros. Les premiers travaux pourraient débuter à partir de 2030 pour une mise en service progressive dès 2035 entre Saint-Benoît et Saint-Denis. L'achèvement complet du réseau est, lui, envisagé à l'horizon 2050.

Pour financer l'opération, la Région souhaite s'inspirer du modèle du Grand Paris en créant une société dédiée capable de mobiliser des financements européens, nationaux et locaux.

"Quand vous aurez le train, le train va être la colonne vertébrale des mobilités à La Réunion", a souligné le conseiller régional délégué aux mobilités durables, Fabrice Hoarau, qui insiste sur la nécessité de développer tout un réseau de services autour du futur transport ferroviaire.

Les Réunionnais appelés à se prononcer

Avant toute décision définitive sur certains tracés, un vaste débat public doit être organisé du 19 août au 26 novembre prochains. Une étape que la Région présente comme déterminante pour affiner le projet et arbitrer les variantes encore en discussion.

"Nous voulons faire de ce train le projet des Réunionnais, porté par les Réunionnais, pour les Réunionnais", a déclaré Fabrice Hoarau.

Avec ce Réunion Express, la collectivité entend répondre à ce qu'elle qualifie désormais de "coma circulatoire" sur une île où plus de 2,5 millions de déplacements sont recensés chaque jour. 

Reste désormais à convaincre sur le financement et à construire un consensus autour du tracé final.

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