Sans les comptes des planteurs, "il n'y aura pas de campagne", préviennent l'UPNA et la CGPER

La pression continue de monter à l'approche du lancement de la campagne sucrière. Alors que les premiers essais doivent débuter en début de semaine prochaine à l'usine de Bois-Rouge, le président de l'UPNA, Dominique Clain, lance un ultimatum à Tereos : sans communication du solde de la campagne 2025, « il n'y aura pas de campagne », prévient-il.
Une mise en garde lancée hier à l'issue de la Commission mixte d'usine (CMU) du bassin de Bois-Rouge, organisée ce mercredi en fin de journée. Pas de date fixée pour l'heure pour le début de la campagne dans le Nord et l'Est mais la confirmation d'un début des essais en début de semaine à l'usine de Bois-Rouge (environ 800 tonnes de cannes).
Les représentants des planteurs doivent se retrouver jeudi prochain afin de fixer cette fois officiellement la date d'ouverture de la campagne dans le Nord-Est. Mais pour l'UPNA, hors de question de lancer la coupe sans une "transparence totale" sur les comptes de la campagne 2025.
« Les planteurs doivent savoir où ils mettent les pieds »
« Les essais auront bien lieu. Nous sommes prêts à démarrer la campagne, mais les planteurs doivent savoir où ils mettent les pieds. Chacun doit avoir son tableau d'amortissement pour connaître sa situation », a t-il déclaré à la sortie de la CMU, dans la lignée du discours tenu par la CGPER et l'UPNA à l'issue de la CMU du Gol.
Pour rappel, les deux syndicats réclament que Tereos transmette à chaque exploitant le détail des retenues opérées ainsi que le montant restant dû au titre de la campagne 2025. Selon Dominique Clain, près de 5 millions d'euros seraient concernés.
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« Aujourd'hui, on ne connaît rien »
Pour le président de l'UPNA, cette demande dépasse largement une simple question administrative : « Beaucoup d'agriculteurs démarrent la campagne en empruntant pour acheter du gazole, payer les coupeurs ou financer les premiers travaux. C'est inadmissible de leur demander de repartir sans savoir ce qu'ils doivent réellement. »
Les tableaux d'amortissement doivent permettre à chaque planteur de connaître le montant des retenues qui lui seront appliquées et d'anticiper sa trésorerie.
« Les agriculteurs doivent savoir où ils vont avant d'aller voir leur banque. Aujourd'hui, on ne connaît rien. »
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« Sans ces documents, il n'y aura pas de campagne »
L'ultimatum est clair : « Si ces tableaux d'amortissement ne sont pas sur la table avant l'ouverture de la campagne, il n'y aura pas de campagne, que ce soit dans le Sud ou dans le Nord. Nous sommes prêts à démarrer, mais il faut plus de clarté. »
Dominique Clain indique également que la DAAF a annoncé lors de la CMU de Bois-Rouge que les reliquats de la précédente campagne doivent être versés d'ici la fin de la semaine.
Une annonce accueillie avec prudence : « On nous dit encore que ce sera payé demain ou après-demain. J'espère que cette fois ce sera vrai, parce que cela fait des semaines qu'on nous répond "demain", mais l'argent n'arrive jamais. »
Le vote du Gol continue d'alimenter les tensions
Cette nouvelle sortie intervient au lendemain de la polémique provoquée par la Commission mixte d'usine du Gol.
Pour rappel, mardi, la date du 13 juillet a été retenue pour le début de la coupe dans le bassin Sud, grâce aux voix cumulées de la FDSEA, des Jeunes Agriculteurs et de Tereos, selon la CGPER et l'UPNA. Les deux syndicats défendent un démarrage au 20 juillet, estimant que cette date permettrait une meilleure maturité de la canne.
En face, la FDSEA met en avant une urgence à livrer après les intempéries qui ont mis à mal de nombreuses parcelles dans le sud-est, mais aussi des tonnages prévus en hausse cette année.
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Le président de la CGPER, Jean-Michel Moutama, continue de voir rouge : « C'est du jamais vu. C'est la première fois que des représentants des planteurs votent avec l'industriel. C'est un vol de l'élection des planteurs »
Craignant que cette configuration ne se reproduise lors de prochaines commissions, il souhaite instaurer un règlement intérieur des CMU, inspiré du fonctionnement du Comité paritaire de la canne et du sucre (CPCS), afin d'encadrer les modalités de vote entre les différents collèges.
À quelques jours des premiers essais industriels et avant la réunion décisive prévue jeudi prochain dans le Nord-Est, le climat continue de se tendre entre les syndicats de planteurs et Tereos.


