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"Un coup de massue" : les cannes de l'Ouest et du Sud à terre après les intempéries

Ecrit par M.B – le mercredi 24 juin 2026 à 12H06

Le week-end dernier a été fatal pour de nombreuses exploitations de l’Ouest et du Sud de l'île. Alors que les planteurs abordent la dernière ligne droite avant le début de la campagne sucrière, ce sinistre pousse le syndicat agricole à réclamer un plan de sauvetage d’urgence.

Le paysage est désolant dans les hauts de Terre Rouge. Sur l'exploitation d'Aniel Horus, huit hectares de cannes à sucre gisent au sol, intégralement couchées par les violentes rafales de vent et les pluies torrentielles du week-end dernier. Ce coup du sort intervient au pire moment, en pleine dernière ligne droite avant le coup d'envoi de la campagne sucrière. Du Bassin Ouest jusqu'à Saint-Philippe, c'est tout le Grand Ouest et le Sud de La Réunion qui pansent aujourd'hui leurs plaies. Face à ce sinistre global, la FDSEA est montée au créneau pour exiger des autorités des mesures exceptionnelles, alors que les filières cannière et maraîchère font face à des pertes économiques massives.

Le spectre d'une campagne cannière compromise

Dans le bassin de Savanna-Stella, l'inquiétude a rapidement laissé place à la détresse. À quelques jours à peine du début des coupes, l'impact de la météo est historique. Willy Elin, président du Comité mixte d'usine de la zone Stella, tire la sonnette d'alarme : « Sur notre bassin cannier, les pertes estimées représentent déjà entre 40 % et 45 % de la récolte. C’est un coup de massue pour les planteurs de la zone. »

Au-delà de la perte de matière première, c’est un immense défi logistique qui se dresse devant eux. Les machines ne pouvant pas ramasser les tiges à terre, les planteurs vont devoir basculer sur une coupe exclusivement manuelle. Ce retour en arrière forcé implique un surcoût de main-d'œuvre colossal qui, sans aide, condamnera de nombreuses exploitations avant même le démarrage officiel de la saison. Pour ne rien arranger, ces cannes au sol sont désormais à la merci des rongeurs, une véritable course contre la montre est engagée.

Lire aussi : Canne : la CGPER et l'UPNA posent leurs conditions avant le début de la campagne sucrière

Des maraîchers pris à la gorge et un appel à l'aide immédiat

La filière maraîchère n'a pas été épargnée par la fureur du ciel. Dans l'Ouest et le Sud, les vents ont littéralement déchiqueté les outils de travail en arrachant les bâches des cultures sous serre. En plus du coût immédiat de la reconstruction, la paralysie des structures va provoquer de lourds retards sur les récoltes, menaçant l'approvisionnement local en fruits et légumes.

Pour donner un souffle immédiat aux exploitations, la FDSEA rejoint officiellement la proposition des Jeunes Agriculteurs (JA) en demandant de faire démarrer la campagne sucrière le 13 juillet. Cette mesure permettrait aux sinistrés d'envoyer leurs cannes abîmées pour les essais industriels de l'usine (représentant un volume de 300 à 1 000 tonnes) et de générer de la trésorerie au plus vite. Un choix pragmatique, puisque de toute façon, attendre davantage n'offrira plus de potentiel de croissance aux cannes et ne permettra pas d'obtenir un plus fort taux de sucre. Le syndicat prévient qu'il « ne relâchera pas la pression tant que des mesures concrètes et proportionnelles à la gravité de la situation ne seront pas actées ».

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