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Finances assainies, apprentissage en recul : la Chambre de métiers dresse le bilan de 2025

Ecrit par S.I. – le mardi 23 juin 2026 à 06H41

La Chambre de métiers et de l'artisanat de La Réunion retrouve un excédent en 2025 mais reste prudente face à la baisse des financements publics.

La Chambre de métiers et de l'artisanat de La Réunion (CMAR) a dressé, ce lundi 22 juin, le bilan de son activité 2025 à l'occasion de son assemblée générale. Les élus ont notamment approuvé les comptes financiers 2025, le budget rectifié 2026 ainsi que les orientations stratégiques de l'établissement. Si la chambre consulaire affiche un redressement financier encourageant, elle reste confrontée à un environnement économique fragilisé par la baisse des financements publics et le recul de l'apprentissage.

Plus de 3.000 entreprises et porteurs de projets accompagnés

En 2025, la CMAR a poursuivi son accompagnement des artisans réunionnais avec plus de 1.400 porteurs de projets et près de 2.000 entreprises suivis dans leurs démarches de création, de développement ou de transmission.

La formation demeure également un pilier de son action. Toutefois, l'établissement enregistre une baisse de 25 % du nombre d'apprentis, avec 1.371 jeunes en formation à la fin de l'année 2025. Malgré ce recul, le taux moyen de réussite aux examens atteint 79 %, tandis que 2 459 stagiaires ont bénéficié d'une formation continue.

Un retour à l'équilibre financier après une année difficile

L'exercice 2025 marque un tournant pour la chambre consulaire. Après un déficit de 163.227 euros en 2024, la CMAR clôture l'année avec un excédent de 183.079 euros.

Cette amélioration repose principalement sur une maîtrise des dépenses de fonctionnement, notamment des achats et des prestations extérieures, ainsi que sur une meilleure gestion globale des charges.

La trésorerie affiche également une nette progression. Le fonds de roulement atteint désormais 2,70 millions d'euros, tandis que le besoin en fonds de roulement recule de près de 674.000 euros. La trésorerie nette, toujours négative, passe de -1,69 million d'euros en 2024 à -866.000 euros, soit une amélioration de 824.000 euros. Les élus soulignent également une réduction de l'endettement de l'établissement.

Des finances encore sous pression

Malgré ce redressement, la prudence reste de mise. Le budget 2026 a été construit dans un contexte marqué par la diminution des subventions publiques, la baisse de la taxe affectée aux chambres de métiers ainsi que le recul du nombre d'apprentis.

Le président de la CMAR, Bernard Picardo, a rappelé que l'environnement économique demeure particulièrement difficile pour les artisans réunionnais, confrontés à la hausse durable des coûts de production, aux tensions sur les approvisionnements, aux prix élevés de l'énergie et du transport ainsi qu'aux conséquences croissantes des aléas climatiques.

"Les artisans doivent aujourd'hui faire face à une accumulation de défis. Dans ce contexte, entreprendre demande davantage de résilience, davantage d'agilité et davantage d'accompagnement. C'est précisément la mission de notre Chambre de métiers et de l'artisanat", explique-t-il.

Facturation électronique : la CMAR mobilisée

Face aux nombreuses évolutions réglementaires, la CMAR entend renforcer son rôle d'accompagnement des entreprises artisanales.

Parmi les dossiers prioritaires figure la généralisation de la facturation électronique, prévue au 1er septembre prochain. La chambre organise des ateliers d'information et des formations afin d'accompagner les chefs d'entreprise dans cette transition numérique.

L'établissement poursuit également son travail sur les problématiques de transport, de hausse des coûts logistiques, de révision des codes NAF, mais aussi sur les dispositifs d'allégement des charges sociales et fiscales dans le cadre de la LODEOM ou encore sur les enjeux liés à la retraite des travailleurs indépendants.

CAP 2027 : une transformation engagée

La CMAR poursuit également son plan de transformation "CAP 2027" destiné à moderniser son fonctionnement et son modèle économique.

Cette réorganisation passe notamment par une approche plus transversale des services, la création d'une véritable fonction commerciale et marketing et une meilleure valorisation des offres proposées aux artisans.

Selon Bernard Picardo, cette évolution doit permettre de rendre l'institution "plus performante, plus réactive et plus proche encore de ses ressortissants".

Innovation, nouvelles formations et ouverture à l'international

L'année 2025 a également été marquée par plusieurs réalisations importantes pour la chambre consulaire. La CMAR a poursuivi l'adaptation de son offre de formation aux besoins des entreprises réunionnaises tout en développant les programmes de mobilité nationale et internationale pour les apprentis.

Le président a également salué la labellisation du CIRBAT comme Centre de Ressources Technologiques par le ministère de l'Enseignement supérieur, une reconnaissance de l'expertise réunionnaise dans la construction en milieu tropical.

Parmi les autres temps forts figurent l'organisation d'une journée de sensibilisation aux risques professionnels en partenariat avec la DEETS ainsi que la réussite de la première promotion du DEUST Préparateur-Technicien en Pharmacie, développée avec l'Université de Bordeaux.

Des inquiétudes persistantes pour les années à venir

Si les résultats financiers sont encourageants, Bernard Picardo estime que plusieurs menaces continuent de peser sur l'avenir de la chambre consulaire et des entreprises artisanales.

La diminution progressive de la Taxe pour frais de chambre, la réduction des aides à l'apprentissage, le durcissement des critères d'accès aux financements européens ainsi que les incertitudes autour de la Ligne budgétaire unique (LBU), essentielle au secteur du logement social, constituent autant de sujets de vigilance.

"Ce redressement financier ne doit pas masquer les défis qui se présentent à nous. Nous devons poursuivre nos efforts de modernisation tout en restant fidèles à notre raison d'être : accompagner les artisans dans leurs réussites comme dans leurs difficultés et défendre leurs intérêts", conclut Bernard Picardo.

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