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Case prison pour avoir braqué une boutique : il voulait financer sa consommation de cocaïne

Ecrit par Lucas Candessoussens – le lundi 22 juin 2026 à 17H45

Un homme était jugé en comparution immédiate ce lundi 22 juin pour vol avec arme. Samedi dernier à Saint-Paul, il a sorti un couteau devant un boutiquier, subtilisant l'argent de la caisse.

Ce week-end, les gendarmes sont prévenus par un commerçant : un homme a fait irruption dans sa boutique, lame à la main, pour s'emparer de la caisse. Son butin est maigre : 50 euros en liquide et une cartouche de cigarettes.

Comme l'explique le gérant, peu après l'ouverture, l'individu a fait irruption chez lui. Dans un premier temps, il a simplement demandé le prix d'une boisson, avant de quitter le magasin. Mais plus d'une demi-heure après, il revient, couteau à la main. Fait étonnant, la victime a eu le temps de prendre en photo le voleur.

Jordan L. s'enfuit donc avec son maigre butin et la victime note sa plaque d'immatriculation. Grâce à cette identification, l'homme ne tarde pas à être interpellé par les gendarmes.

Financer sa dépendance

Jordan L. reconnaît les faits à la barre : ses premiers mots sont pour la victime, auprès de laquelle il s'excuse. Cependant, quand le président lui fait remarquer qu'il s'agit d'un vol avec violence, l'homme répond par la négative. "J'avais juste un couteau à la main" rétorque-t-il devant une audience abasourdie par ses propos banalisant son infraction.

Puis, les magistrats tentent d'en savoir plus ; on lui demande pourquoi être passé à l'acte, pourquoi ce besoin d'argent ? "La drogue" marmonne Jordan L., qui ne sourcille pas face aux sous-entendus de la cour. Lors de son audition, il disait vouloir rembourser une dette en rapport avec de la cocaïne.

Car c'est un consommateur assidu. En fait, de ses propres dires, cela fait 7 ans qu'il est tombé dans cette addiction.

Une lourde peine requise

Le gérant, fort de 22 ans de service, évoque que c'est la première fois qu'il subit une situation comme celle-ci. Il évoque son traumatisme depuis le jour des faits. Son avocate parle d'anxiété réactionnelle, d'un événement traumatique qui le suivra le reste de sa vie. Elle demande, pour son client, 182 euros pour les frais matériels et 1 200 euros pour le préjudice.

La procureure souligne, sans une once d'ironie, les propos concernant le couteau, en argumentant que cela justifie largement la mention de violence. Elle rappelle que, dans une certaine mesure, un vol avec violence et menace d'une arme peut être criminalisé et que, dans tous les cas, Jordan L. risque jusqu'à 10 ans de prison. Elle requiert une peine de 18 mois de prison, dont 6 mois avec un sursis probatoire renforcé.

La défense ne nie pas le préjudice subi par la victime, mais s'interroge : pourquoi prendre une photo de son agresseur et ne pas prendre la fuite ? Elle souligne que son client est loin d'être un dangereux criminel, ne possédant que deux mentions à son casier. Elle plaide pour ramener la réquisition prononcée à une moindre mesure.

Or, le tribunal va condamner Jordan L. à trois ans de prison, dont un an assorti d'un sursis probatoire simple. La décision est motivée par le fait que l'individu est considéré comme faisant preuve d'une grande immaturité et qu'en conséquence, il doit être écarté, pendant un temps, de notre société.

Etiquettes : Cocaïne | PU1 | Tribunal

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