Don d’organes : pourquoi il est important d’en parler avec ses proches ?

À l’approche de la Journée nationale du don d’organes, organisée le 22 juin, l’Agence de la biomédecine rappelle l’importance de faire connaître sa position à ses proches. En France, chacun est présumé donneur, sauf refus exprimé de son vivant, mais les familles sont toujours consultées avant tout prélèvement.
Une phrase peut parfois sauver plusieurs vies. À l’occasion de la Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe, et de reconnaissance aux donneurs, l’Agence de la biomédecine lance un appel simple : « Rappelez à vos proches que vous êtes donneur. Si nous le disions tous, des milliers de vies seraient sauvées chaque année. »
Car si la loi française repose sur le principe du consentement présumé, le don d’organes ne se fait jamais sans échange avec les proches du défunt.
Le doute peut bloquer un don
Depuis la loi Caillavet du 22 décembre 1976, toute personne est considérée comme donneuse d’organes après son décès, sauf si elle a exprimé son refus de son vivant. Avant tout prélèvement, les équipes médicales doivent donc vérifier l’absence d’opposition, d’abord en consultant le Registre national des refus, puis en échangeant avec les proches.
Mais lorsque la volonté du défunt n’a jamais été exprimée clairement, le doute peut conduire les familles à refuser le prélèvement. Selon l’Agence de la biomédecine, plus d’un tiers des dons ne peuvent ainsi pas être réalisés, alors même que 8 Français sur 10 se disent favorables au don de leurs organes après leur décès.
Le problème reste donc moins l’opposition au don que le silence autour de cette décision. Seul un Français sur deux a fait connaître sa volonté à ses proches.
Des milliers de greffes chaque année
En 2025, 1.590 personnes ont fait don de leurs organes en France. Ces dons ont permis la réalisation de 6.148 greffes, offrant une seconde chance à des milliers de patients.
Mais les besoins restent importants. Au 1er janvier 2026, 23.294 patients étaient toujours inscrits sur la liste nationale d’attente, dans l’espoir de recevoir une greffe susceptible de leur sauver la vie.
Des besoins aussi à La Réunion
La Réunion est également concernée par cet enjeu de santé publique. En 2025, 21 patients étaient en attente d’une greffe de cœur et 439 patients attendaient une greffe de rein.
La même année, 10 greffes de cœur et 94 greffes de rein ont été réalisées.
Ce qu’il faut savoir sur le don d’organes
L’Agence de la biomédecine rappelle plusieurs informations essentielles. Le don n’est pas totalement automatique dans les faits, puisque les proches sont consultés avant tout prélèvement. La carte de donneur n’existe plus : aucun document n’est nécessaire, l’essentiel étant d’avoir exprimé sa volonté à sa famille.
Il n’existe pas non plus de limite d’âge stricte. Il est possible de donner ses organes après 80 ans, car c’est l’état des organes qui est évalué, et non l’âge du donneur.
L’attribution des greffons répond à des critères médicaux stricts, en privilégiant les situations les plus urgentes. Le don est également compatible avec les principales religions monothéistes pratiquées en France et ne remet pas en cause les rites funéraires.
Enfin, le corps du défunt est respecté. Le prélèvement est réalisé au bloc opératoire, dans les mêmes conditions qu’une intervention chirurgicale, avant que le corps ne soit restauré et rendu à la famille.
À l’approche du 22 juin, une question simple peut donc être posée dans chaque foyer : « Mes proches connaissent-ils ma volonté concernant le don de mes organes ? »


