Logement social : La SEDRE fixe son cap jusqu'en 2030 et appelle à "faire front commun"

Ce mardi à Saint-Paul, la SEDRE a dévoilé sa feuille de route stratégique pour la période 2026-2030. Face à une crise immobilière aiguë et à l'effondrement des crédits nationaux, la nouvelle direction de l'organisme prône une mobilisation générale de l'ensemble des acteurs locaux pour maintenir le rythme des constructions.
L'installation de la nouvelle gouvernance de la SEDRE intervient dans un climat de forte tension immobilière. Pascaline Chéreau-Nemazine rappelle que « quand on regarde la problématique du logement social à La Réunion, on voit bien qu'aujourd'hui il y a plus de 50 000 demandes au niveau de La Réunion, et chaque année il y a près de 5 500 qui se rajoutent ». Pour l'aménageur historique, qui s'est fixé pour objectif d'engager 700 logements d'ici 2030, l'ampleur de la tâche impose de s'unir. La présidente insiste ainsi sur l'importance de ne pas faire « un travail de la SEDRE seule, mais également avec les autres bailleurs, les collectivités, les actionnaires également ».
Le défi du foncier et des délais techniques
Sur le terrain, cette feuille de route se traduit par l'entrée en phase opérationnelle de grands projets urbains comme la ZAC Renaissance 3 à Saint-Paul, ou les programmes de renouvellement urbain menés à Saint-Pierre, Sainte-Rose et Le Port. Ces opérations d'envergure, qui visent à reconstruire la ville sur elle-même pour pallier la rareté des terrains, s'inscrivent toutefois dans des temporalités longues. La présidente de la SEDRE souligne à ce titre qu' « une opération ne sort pas de terre en quelques années », car la recherche du foncier, les études et la passation des marchés « ça prend beaucoup de temps ».
Une baisse budgétaire qui menace la filière BTP
La mise en œuvre de ces chantiers se heurte désormais à la « baisse drastique de la LBU », la ligne budgétaire unique passant de 78 millions d'euros en 2025 à seulement 27 millions d'euros en 2026. Cette contraction financière génère un manque à gagner par effet de levier de près de 300 millions d'euros pour l'économie réunionnaise, pénalisant directement un secteur du bâtiment qui fait vivre de nombreuses entreprises locales. Face à cette situation, Pascaline Chéreau-Nemazine prévient : « face à la baisse des moyens, nous ne nous démobilisons pas, nous appelons à faire front commun », afin de préserver « la capacité de notre territoire à poursuivre sa trajectoire de développement au bénéfice des Réunionnaises et des Réunionnais".


