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Canne : la CGPER et l'UPNA posent leurs conditions avant le début de la campagne sucrière

Ecrit par P.M. – le mercredi 24 juin 2026 à 07H50
Photo d'archives

À quelques semaines du démarrage de la campagne sucrière, la tension monte entre la CGPER, l'UPNA, l'industriel et les syndicats FDSEA-JA. Après la CMU du Gol, les deux premiers syndicats conditionnent l'ouverture de la campagne à une clarification des comptes de 2025 et dénoncent une alliance entre Tereos et leurs opposants syndicaux pour imposer un début de coupe au 13 juillet.

La CGPER et l'UPNA, désormais unis depuis les élections des CMU, réclament notamment la communication des dettes restant dues aux planteurs et le détail des retenues opérées sur leurs revenus.

Petit retour en arrière. Lors de la réunion organisée à l'usine du Gol, ce mardi, l'un des principaux points à l'ordre du jour concernait la fixation de la date d'ouverture de la campagne sucrière 2026 pour le bassin du Gol, qui comprend également les secteurs de Savannah et de Grand-Bois. 

Selon la CGPER et l'UPNA, une ouverture au 13 juillet a été validée malgré leur opposition. Les deux organisations estimaient qu'un démarrage au 20 juillet permettrait une meilleure « maturité de la canne ».

Contestation du vote à la CMU du Gol

« Une minorité de planteurs s'est alliée aux industriels pour imposer la date du 13 juillet, écrasant ainsi le vote de la majorité qui réclamait le 20 juillet », dénoncent les deux syndicats dans un communiqué. Dans leur viseur, la FDSEA et les JA. 

Pour rappel, l'union CGPER & UPNA est sortie majoritaire au Gol à l'issue des dernières élections des CMU (3 sièges contre 2).

Dans leur communiqué, les deux organisations dénoncent un « déni de démocratie agricole » et comptent maintenir la pression sur l'industriel à l'approche du lancement de la campagne sucrière 2026.

Lire aussi : Élections des CMU : l’union CGPER-UPNA devient majoritaire dans la filière canne

Une exigence de « transparence » avant la coupe

Au-delà du débat sur le calendrier, les présidents des deux syndicats dénoncent « une opacité financière totale concernant la campagne précédente », de la part de l'industriel.

Ils rappellent que lors de l'installation du nouveau président du CPCS (Comité Paritaire de la Canne et du Sucre), en début de semaine dernière, « il a été explicitement demandé aux industriels de communiquer des éléments vitaux pour nos exploitations : le montant exact des dettes des planteurs pour la campagne 2025, ainsi que le détail et la justification des retenues opérées sur leurs revenus ».

Lire aussi : "Je ne serai jamais le partenaire de Tereos" : Jean-François Sababady élu co-président du CPCS

Pour la CGPER et l'UPNA, en raison des "très faibles richesses enregistrées lors de la précédente campagne" et des mécanismes liés au calcul du trop-perçu, « de nombreux agriculteurs se retrouvent lourdement impactés. À ce jour, aucun élément, aucun chiffre n'a été communiqué par Tereos. C'est une attitude intolérable ».

Pas de récolte « les yeux fermés »

Les représentants des planteurs « tapent du poing sur la table » et demandent une « transparence sur toute l'île » qu'ils conditionnent à l'ouverture de la campagne.

« Nous exigeons formellement, avant l'ouverture de la campagne sucrière sur l'ensemble de l'île de La Réunion, que les industriels transmettent à chaque planteur le montant exact restant dû pour la campagne 2025, le détail précis des retenues qui ont été faites et à quoi elles correspondent précisément. On ne peut pas demander aux agriculteurs de couper la canne 2026 les yeux fermés alors qu'on leur cache le bilan financier de la campagne précédente », déclarent-ils.

Les deux organisations estiment qu'il n'est pas possible d'engager la récolte 2026 sans disposer d'un bilan financier clair de la campagne précédente.

Le ton monte déjà d'un cran avant même le démarrage de la coupe. 

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