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Avec Corsair, l’aéroport de Toulouse-Blagnac tend les bras à La Réunion

Ecrit par Gignoux Sébastien – le samedi 27 juin 2026 à 14H03
L'aéroport de Toulouse-Blagnac accueille désormais deux vols par semaine en provenance de La Réunion (photo S.G.)

[La Réunion reliée à Toulouse 1/3] Quinze ans après son abandon, la liaison aérienne Réunion-Toulouse reprend du service en 2026 avec Corsair pour deux vols hebdomadaires. La compagnie aérienne, comme l’aéroport toulousain, fondent de sérieux espoirs sur sa réussite.

Air Austral, XL Airways, et Corsair, déjà, s’y étaient frottés et avaient tous fini par renoncer, le dernier en 2011. Mais voilà, quinze ans ont passé et la donne a visiblement changé, puisque Corsair vient de relancer en juin 2026 une liaison directe Toulouse-La Réunion -via Marseille- (deux vols de nuit par semaine, les mardis et dimanches depuis La Réunion) et entend prouver que, cette fois, c’est la bonne.

"Fluidité du parcours"

« On estime que le marché est plus mature désormais en province. Il y a une demande à laquelle il faut répondre », estime Mouloud Hammar, responsable des ventes en province de Corsair, désormais seule compagnie à proposer des liaisons directes entre les régions hexagonales et l’outre-mer.

« Il y a une clientèle en province qui cherche une fluidité du parcours, tout en conservant le même niveau de qualité, et des voyageurs qui sont prêts à payer plus pour avoir mieux », explique-t-il, louant notamment « les tops produits offerts en classe Business » pour une clientèle d’affaires.  

Mouloud Hammar, responsable des ventes province chez Corsair.

Communauté réunionnaise et ville enclavée

Le choix de relier La Réunion et Toulouse, comme celui d’abandonner Lyon, n’est évidemment pas anodin. « Il y a à Toulouse une forte présence de la communauté réunionnaise, notamment étudiante, mais aussi un potentiel économique et commercial dans le bassin toulousain qui est à optimiser », dépeint le responsable de ventes province.

Avec des secteurs aéronautiques, biotechnologies, IA ou mobilité du futur hyper dynamiques et qui intéressent La Réunion, Mouloud Hammar pointe aussi « l’enclavement » de la région toulousaine, mal desservie par le train (contrairement à Lyon), comme un argument supplémentaire au retour des appareils Corsair sur le tarmac de Toulouse-Blagnac.

Un équipement qui se place, avec 7,6 millions de passagers chaque année, en cinquième position des aéroports régionaux en termes de fréquentation, et fait son maximum pour se rendre attractif auprès des compagnies après avoir pâti de la montée du télétravail en période Covid, qui a réduit la demande vers Paris représentant jusqu’alors 30 % de son trafic passagers.

"Un enjeu très fort, dans les deux sens"

« On accueille cette ligne avec beaucoup d’enthousiasme car il y a un enjeu très fort, dans les deux sens » salue Bruno Balerdi, directeur commercial, clients et communications à l’aéroport de Toulouse-Blagnac. « On doit avoir la plus grande communauté réunionnaise d’Hexagone et une vraie demande à Toulouse pour La Réunion, mais aussi Mayotte et Maurice », assure-t-il.

Pour doper ce trajet Toulouse-Réunion, la délégation venue inaugurer la ligne le 15 juin dernier était accompagnée de tour-opérateurs et voyagistes d’Occitanie invités à découvrir les atouts touristiques de notre île. « C’est facile de donner envie de venir à La Réunion, qui a plein d’atouts pour un public de tous âges », confirme Rémi Chauchard, PDG de Chauchard Evasion, une agence historique de la région aveyronnaise.

"La Réunion fait partie des incontournables"

« Pour la randonnée, la plage, le sens de l’hospitalité réunionnais, le décalage horaire limité. Ça fait partie des incontournables », souligne le voyagiste bluffé par « le survol de l’île en hélicoptère. » Pour ce professionnel, la ligne directe depuis Toulouse « va enlever le stress d’une escale à Paris, notamment au niveau des bagages. »

« On connait bien la province. C’est notre maillage du territoire et notre agilité, avec une analyse concrète du marché qui nous a convaincus de l’intérêt de rouvrir cette ligne, mais pas seulement » rappelle Mouloud Hammar. Outre ses liaisons depuis Bordeaux et Nantes vers les Antilles, la compagnie va en effet y ajouter bientôt deux nouvelles, au départ de Marseille et Toulouse vers Pointe-à-Pitre.

Corsair A 330 Airbus
Un Airbus A330 néo de la compagnie Corsair

"Avec cet avion, ça va marcher !"

Des développements permis par le large renouvellement de sa flotte, « l'une des plus jeunes au monde » avec 9 Airbus A330 néo permettant « des économies sur la maintenance et le kérosène, tout en diminuant les empreintes carbone et sonores », souligne le responsable des ventes province.

Si tous les voyants semblent au vert pour une liaison pérenne entre Toulouse et La Réunion, reste encore à savoir si Corsair sera en mesure de gagner, sur le long terme, la bataille des prix pour concurrencer la desserte parisienne et atteindre son objectif des 30 000 passagers annuels. Les coûts supplémentaires liés à un atterrissage en province, le nombre limité de vols et de places -à répartir avec les voyageurs pour Marseille- notamment, avaient eu en partie raison des précédentes tentatives. « Mais avec cet avion qui coûte moins cher et cette ligne qui a du sens », reprend Bruno Balerdi, « cette fois, ça va marcher ! »

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