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Pas de chance… Gaulée juste pour avoir truandé 100.000 € à la CAF

Correctionnelle Sud - Mardi 11 avril

Ecrit par Jules Bénard – le mercredi 12 avril 2017 à 15H01

Elle est née en 1973 à Chrioncamba (Anjouan), est venue ici « vers 1990″ mais ne se souvient plus très bien. En 1990, cette dame épouse un Français originaire de Mayotte dont elle divorce en 1995, sans le savoir, apprendra-t-on, mais non sans avoir demandé la nationalité française. Il n’y a pas de petits bénéfices. Laquelle lui a été accordée, puis retirée après le divorce.

Au passage : curieuse loi qui permet de retirer sa nationalité française à une personne qui l’a obtenue fort légalement au demeurant. Je ne savais pas. Passons…

Des administrations foldingues!

De mai 2012 à décembre 2014, elle a, après avoir rempli moult paperasses, sollicité et obtenu quelque 100.000 euros en allocations diverses. Plus le RSA, ben tiens ! Si l’on y ajoute les aides par-ci par-là, cela lui a fait plus de 4200 euros par mois un an et demi durant. Bien joué, Dimitri!

A la demande d’explications de la présidente Dinot, elle argue de ses onze enfants. Onze ou huit, elle ne sait plus trop. « Enfants ou neveux ? » s’enquiert la présidente. Là encore, le flou très artistique est de règle. Sur les papiers, un coup c’est enfant, un coup neveu. Sont-ils pinailleurs, ces juges!

En 1997, la Cour d’Appel a refusé de confirmer sa nationalité mais il semble que les administrations concernées n’en aient tenu aucun compte. Ou ne savent pas lire. Ou lisent en diagonale car la préfecture lui a accordé une carte nationale française d’identité, puis un passeport en 2013, avec sa nationalité « annulée ». Au fou !

« Je me sens française »

La CAF a fini par déceler, un jour pluvieux où un fonctionnaire s’ennuyait sans doute, qu’il y avait anguille sous roche. Dépôt de plainte, enquête, pot-aux-roses découvert. La dame, trois années de suite, a bien renouvelé sa demande d’allocations en précisant « nationalité française » alors que de son propre aveu, elle ne savait si elle y avait droit. 

« Je pensais quand même que j’y avais droit. Je ne savais même pas que j’étais divorcée ».Ah bon ? Divorce secret ? « Je me sens française ; ça fait 30 ans que je vis en France ». Il est vrai qu’elle s’exprime dans la langue de Devos sans le moindre défaut mais sans humour aussi.

Admettant que les droits sont acquis pour toute personne ayant à charge un enfant ou un neveu, le Procureur Bernard a néanmoins appuyé sur le fait que l’infraction était bel et bien volontaire et réclamé 6 mois avec sursis plus l’indemnisation des victimes. Ah oui! ces fameuses victimes, la CAF venue réclamer 95 et quelques milliers d’euros ; et le Département, 4500 euros de RSA.

« La France, plus beau pays du monde ! »

Me Normane Omarjee a d’abord sollicité l’annulation de la demande départementale selon le Code des Collectivités. C’est pas sur le plan légal qu’on l’attrapera, celui-là. Ajoutant que « la France est le plus beau pays du monde, qui lui permet de bénéficier des minimas sociaux, qu’elle soit nationale ou simple résidente! Elle devrait avoir au moins 1800 euros par mois. Où est l’arrêt de la Cour d’Appel? Elle était de bonne foi et la France est décidément le plus beau pays du monde ».

Ecouter cet homme plaider est un pur régal de l’esprit, comprenne qui pourra ce que je viens de dire là tout-de-suite !

 

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