Nassimah Dindar au procès du foyer de Terre Rouge: "je ne crois pas à ce scénario"

La présidente Dinot souligne : "il fallait que tout passe par vous, c’est votre nom qui revient en permanence dans plusieurs dépositions". À la question de CV "signalés" reçus de la part d’élus, il répond : "je ne me souviens pas".
"Quand les gens s’adressent à vous, il s’attendent à un résultat"
Bachil Valy est questionné sur le numéro de fax qui apparaît pour la provenance des CV, à quoi il répond "J'ai fait cette démarche. Si les gens s’adressent à vous, il s’attendent à un résultat." Même argument avancé à la question "pourquoi ne pas tout simplement s’adresser à Pôle emploi". Jean-Jacques Vlody reconnait lui aussi ce procédé, en soulignant que "le rôle d’un élu est de recevoir des administrés, de servir d’amortisseur social." il poursuit en affirmant que "dans 80% des cas, les demandes concernent un emploi. Ça m’est arrivé d’accompagner ces personnes. Des centaines de CV sont partis de ma permanence", affirme ainsi Jean-Jacques Vlody. Il affirme également que beaucoup n’ont pas les moyens d’envoyer un simple CV par fax.
"La préoccupation principale c’est la protection de l’enfance, non ?"
Quant à la question des compétences de ces gens, ce dernier affirme "avoir vérifié les compétences au minimum". Le sujet reviendra plus tard quand la présidente demandera "la préoccupation principale c’est la protection de l’enfance, non ?" Question éludée.
Bachil Valy souligne ensuite que c’est Abdoul Samad Bemat, de l’équipe de direction du foyer, qui le sollicitait personnellement. "Il ne cessait de m’appeler. Je ne dirai pas que c’était du harcèlement, mais vu son insistance je me suis rendu au foyer". Le procureur Laurent Zuchowicz souligne alors que ces déclarations sont en contradiction avec les dépositions précédentes, mais Bachil Valy persiste et signe.
Amnésie totale
Sur la question des avis défavorables émis par la directrice du foyer à l’époque, concernant les entretiens de ces candidats, Raymond Soucramanien affirme ne "pas se souvenir avoir reçu un avis défavorable et redemandé un entretien". Quant aux annotations disant d’un candidat qu’il "a le profil", ou de la présentation d’un document où est apposé une note de recommandation d’un élu sur un post-it signé de sa main là aussi, amnésie totale.
La présidente Valérie Dinot cite ensuite un échange d’e-mail demandant à la directrice "de faire preuve de souplesse mais de ne pas la contraindre à recruter sur avis défavorable de sa part". À quoi l’avocat de la défense répond: "Elle menait des interrogatoires dignes du KGB, elle n’a pas à connaître de quelle ligne politique sont les candidats".
"J’ai du mal à croire ce que j’entends. Je ne crois pas à ce scénario"
Appelée à la barre, Nassimah Dindar a adopté une position de fermeté, affirmant ne "pas être au courant, ni avoir été alertée sur ces pratiques". Elle poursuit en soutenant "défendre des valeurs démocratiques dans le respect des procédures". "Pour moi, ce ne sont pas des procédures réalistes du Conseil Général. Je vois cette affaire comme un dysfonctionnement, des dérapages".
Elle conclut en affirmant : "je connais la force et l’autorité de mon administration. J’ai du mal à croire ce que j’entends. Je ne crois pas à ce scénario".


