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Maurice : 2.500 travailleurs étrangers recrutés face à la pénurie de main d‘œuvre dans l’agriculture

Ecrit par T.L. – le mardi 20 janvier 2026 à 09H03
Photo d'illustration.

En difficulté économique, la filière canne souffre du désintérêt des jeunes mauriciens pour les métiers manuels éreintants et mal rémunérés. Le gouvernement vient d'annoncer l’arrivée d’une première salve de 1 000 travailleurs étrangers voués au secteur agricole, sur un total de 2 500 attendus.

Tourisme, restauration, industrie, imprimerie ou encore transport public : à Maurice, aucun secteur économique ou presque ne semble épargné par la pénurie de main d‘œuvre. Selon des chiffres du ministère du Travail publiés en mars 2025, l’île Sœur comptait 48 450 travailleurs étrangers, dont 80% étaient employés dans les secteurs manufacturiers et la construction (source Le Mauricien).

La filière agricole, et plus spécifiquement l’industrie sucrière, rencontre elle aussi des difficultés à trouver des bras pour maintenir à flot une production de plus en plus marginale. Seulement 225 547 tonnes de cannes ont été récoltées en 2024, soit une baisse de -10,45% par rapport à l’année précédente.

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Dans son édition de ce lundi 19 janvier, Le Défi Quotidien révèle que pour la première fois depuis son Indépendance obtenue le 12 mars 1968, l’île Maurice va avoir recours à de la main d’œuvre étrangère dans le domaine de l’agriculture. C’est l’Autorité mauricienne de l’industrie cannière qui a officialisé la nouvelle, lors d’une réunion à Réduit tenue devant des planteurs et des agriculteurs, en présence du ministre de l’Agro-industrie Arvin Boolell.

Le recours aux travailleurs étrangers, une pratique courante

Selon le quotidien, une première salve de 1 000 travailleurs étrangers a été annoncée à cette occasion, des saisonniers qui seront principalement affectés à la culture de la canne à sucre. Au total, le gouvernement entend faire entrer sur le territoire 2 500 travailleurs étrangers (leur nationalité n’est pas précisée), uniquement pour le secteur agricole.

Changement climatique affectant la teneur en sucre de la canne, coûts d’investissements liés à la mécanisation, faibles salaires ou encore concurrence internationale exacerbée : le sucre de Maurice doit trouver de nouveaux débouchés s’il veut survivre et inverser la tendance, laquelle tend à la disparition des surfaces de culture au profit de la création de smart cities ou de centres commerciaux.

À La Réunion, pour pallier au manque de main d‘œuvre, de nombreux planteurs ont recours à des travailleurs comoriens lors de la saison de la coupe canne. Dans l’Hexagone, des Polonais sont recrutés pour arpenter les vignes et des Espagnols franchissent la frontière pour renforcer les grandes exploitations fruitières ou maraîchères. Les travailleurs étrangers, pour peu qu'ils soient peu payés, ont encore un avenir dans une agriculture mondialisée où la concurrence fait rage.

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