Il s'évade 1 an, commet 32 vols, violente sa copine et met le feu en partant

Jean-Kevin D. a 26 ans, en septembre 2018, il sort de prison après 3 ans de détention dans le cadre d'un aménagement de peine. En décembre 2018, il ne respecte pas son contrôle judiciaire et se retrouve avec un mandat d'arrêt à son encontre. Dans le même temps, les gendarmes de Saint-Paul enquêtent sur de nombreux cambriolages ayant le même mode opératoire et procèdent à des prélèvements d'ADN. Ils constatent, à plusieurs reprises, le même ADN les menant à Jean-Kevin D.
Après 32 vols commis, il est interpellé début mars par la gendarmerie de Saint-Paul et placé en garde à vue. Le 6 mars, il est placé en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention. Le parquet décide de le faire comparaître dans le cadre de la comparution différée ce mercredi 25 mars. Comme le précise la présidente, Jean-Kevin D. reconnaît les faits qui lui sont reprochés - et la liste est longue - à l'exception d'un cambriolage qu'il affirme fermement n'avoir pas commis. Son mode opératoire est simple, il repère et lorsque personne n'est présent, il entre et fait ses emplettes.
En 2019, pendant sa période de fuite, il rencontre une jeune fille qui est mère de 2 enfants. Le 10 août, alors qu'ils sont en voiture avec ses deux jeunes enfants, ils se disputent dans la voiture. Jean-Kevin D. pète un câble, s'arrête sur le bord de la route et la jette de la voiture avec ses deux enfants. Il la tire par les cheveux, lui donne des coups de poing au visage. Alors qu'elle est à terre, il lui assène des coups de pied dans les côtes. Elle ne doit son salut qu'a son fils de 7 ans qui lui aussi, reçoit un coup de poing.
"Quand je suis tombé, j'ai pris des coups de pieds dans les côtes"
"Ce jour-là, j'ai été tirée par les cheveux, j'ai pris des coups de poing dans la tête et quand je suis tombée, j'ai pris des coups de pieds dans les côtes", dira-t-elle aux enquêteurs.Il finit par se calmer et accepte de les ramener chez elle. De retour à l'appartement, elle lui demande de quitter les lieux, vu qu'il est hébergé. Il s'enferme longuement dans la salle de bain et finit par partir. Elle se rend compte qu'une odeur de brûlé émane de la pièce. Elle fait sortir ses deux enfants sur le balcon constate qu'il a mis le feu aux serviettes du placard. "J'ai agi sans réfléchir sous le coup de la colère", explique-t-il à l'audience avouant avoir bu ce jour-là.
Autre fait marquant de son périple, aperçu dans les jardins d'un grand hôtel de l'ouest par le gardien après avoir commis des vols sur des clients, il est interpellé par les gendarmes et placé en garde à vue. Pas gêné pour deux sous, il donne l'identité de son frère afin de ne pas avoir d'ennuis. "J'ai donné son nom parce que lui, il n'a pas de casier", dit-il à la présidente. Pour couronner le tout, les gendarmes se rendent compte qu'il a également usurpé les plaques de sa voiture, qui évidemment est volée. Au total, Jean-Kevin D. doit répondre de 32 vols, violence sur conjoint, usurpation d'identité et de plaques d'immatriculation et incendie volontaire. Le tout enrobé d'un état de récidive légale. Il risque 14 ans de prison.
Devant les enfants, la maman a pris une raclée
La présidente retient que le prévenu a aidé les enquêteurs en reconnaissant tous les faits, allant jusqu'à les emmener devant certains lieux de ses méfaits. Elle note aussi que Jean-Kevin D. a eu une enfance douloureuse avec 13 familles d'accueil. Il est également suivi pour schizophrénie, effectuant plusieurs séjours en hôpital psychiatrique. Une maladie pour laquelle il est censé suivre un traitement. Or, quand il est dans la nature, il ne le prend pas. Le poussant à s'expliquer sur les faits de violence, elle reste face à son mutisme. "Devant les enfants, la maman a pris une raclée", explose-t-elle, qualifiant des violences "symboliques".
La partie civile qui précise "ils sont toujours ensemble" ajoutant "elle a longtemps hésité à porter plainte, mais les faits sont très graves". "Ce jour-là, elle a eu peur pour sa vie. Ces faits sont traumatisants pour les enfants, la scène de violence a été particulièrement longue. C'est un réel danger pour elle et pour ses enfants, elle a eu 7 jours d'ITT".
La procureure de la République ne passe pas par quatre chemins : "Il est libéré après 3 ans de détention, ne respecte pas son contrôle judiciaire, passe un an en cavale et commet 32 vols. Il dit qu'il vole dans le besoin, mais c'est une affirmation mensongère. Il a un manque flagrant d'empathie. Quant aux violences, c'est une infraction particulièrement grave, plus grave que les 32 vols qu'il a commis". Elle requiert une peine de 7 ans de prison avec maintien en détention.
Son histoire de vie n'est pas simple, il a eu 13 familles d'accueil
Pour la défense, "il n'est pas très simple à comprendre, mais il faut essayer de le faire". "Son histoire de vie n'est pas simple, il a eu 13 familles d'accueil. Sans prise en charge, la prison ne fait que repousser le problème, c'est une fuite en avant. 7 ans de prison ? Ce n'est pas la solution absolue ! Il fait ce qu'il peut avec les moyens qu'il a. Je vous demande de ramener cette peine à quelque chose de plus acceptable pour tout le monde", conclut-elle.
Le prévenu écope de 4 ans de prison, dont 1 an avec "sursis probatoire" sur une durée de 2 ans. Il est relaxé d'un fait de vol - coupable pour 31 vols - et, est maintenu en détention pour la peine ferme. Il aura des obligations de soins, de travail et de rembourser les victimes. (NDLR : La loi du 23 mars 2019 a créé le "sursis probatoire" en lieu et place du "sursis avec mise à l’épreuve")


