Filière volaille : la mairie de l'Étang-Salé dément son opposition à la construction d'une nouvelle usine de traitement

Suite à notre article sur "l'ultimatum du préfet" à la filière volaille, l'ex-président de la CPPR, Henri Lebon, désormais président de l'Urcoopa, avait évoqué le blocage par la mairie de l'Étang-Salé de la construction d'une nouvelle usine de traitement des déchets des sous-produits de volailles sur la commune. La mairie s'inscrit en faux et rappelle que des propositions ont bien été faites à la CPPR.
« Deux projets ont alors été soumis aux instances de l'État. Après présentation, c’est le projet de la Sica Aucre qui a été retenu en 2021. Mais entre-temps, la mairie de l'Étang-Salé, où devait se monter la nouvelle usine, a bloqué le dossier en refusant le permis et les autorisations nécessaires. L'administration a exigé que la CPPR ne ferme pas son unité tant que ses 13 000 tonnes de déchets ne seraient pas prises en charge. Un engagement a donc été pris pour construire cette nouvelle unité. Cela prend du temps et, avec l’arrivée d’un nouveau préfet, la tension est montée. Ce dernier, agacé, menace aujourd'hui de réduire la production. » Ces propos d'Henri Lebon ont profondément agacé le maire de l'Étang-Salé.
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Mathieu Hoarau, maire de l'Étang-Salé, s'est fendu d'un courrier pour s'inscrire en « faux » sur des « allégations » jugées mensongères. « La ville a consenti à vous céder le foncier qu'elle avait acquis pour l'extension de son cimetière afin de vous permettre de mener à bien votre projet d'extension et de remise aux normes de vos installations, avec pour contrepartie l'engagement du soutien de l’État et de la filière agricole pour nous permettre de trouver un nouveau terrain d'assiette pour ce projet d'intérêt public. » Un échange de terrain a même été réalisé pour une maîtrise du foncier.
« Nous avons lancé les procédures (…) avec pour engagement de votre société de faire cesser, par vos travaux de modernisation, toutes nuisances olfactives dont se plaint le voisinage », poursuit-il. Une nécessité pour le maire qui souhaite être garant de la qualité de vie de ses administrés.
« C'est en ce sens que j'ai posé un préalable à mon accompagnement de votre projet : pouvoir disposer d'un foncier pour la création d'un nouveau cimetière en échange de celui que la Ville a consenti à vous céder pour l'extension et la remise aux normes de votre usine d'équarrissage. J'ai exigé également d'avoir des assurances sur le règlement définitif, par la remise aux normes de l'unité industrielle, des nuisances olfactives de la Sica Aucre. Ces exigences ne traduisent nullement une volonté de blocage, mais mon souhait de défendre l'intérêt général et le cadre de vie de mes administrés. »
Consciente de l’intérêt général de la filière volaille, la Ville assure être « soucieuse » d'apporter sa pierre à son confortement. Mais pour Mathieu Hoarau, pas question de « s'ingérer dans le combat de coqs » entre tous les acteurs ; il récuse les « accusations fantaisistes » qui cachent, selon lui, les véritables responsabilités qui risquent d'hypothéquer le développement de la filière.


