Face aux mauvais chiffres, les canniers espèrent un nouveau soutien de l'Etat

Elles étaient 14.489 en 1989 il y a 35 ans, les exploitations agricoles de l’île ne sont plus que 6.252 d’après les chiffres de la chambre d’agriculture (chiffres 2020). La canne occupe historiquement la plus large surface agricole de l’île, mais perd du terrain chaque année, représentant 20.140 ha en 2022 contre 24.336 ha en 2010. La filière enregistre une diminution du tonnage annuel tandis que la richesse en sucre ne répond pas n’ont plus aux attentes.
En 2010, ce sont 1,95 million de tonnes de cannes qui avaient été livrées par les planteurs et broyées dans les usines de l’île (chiffres INSEE*). Depuis, le tonnage de cannes s’amoindrit, atteignant en 2022, 1.309.086 tonnes puis un peu plus l’an dernier avec 1,43 million de tonnes récoltées.
“La baisse du tonnage est d’abord liée à la faiblesse des rendements de la canne, et dans une moindre mesure à la diminution des surfaces allouées à la culture de la canne sur l’île”, indiquait l’INSEE dans son bilan économique 2021.
Une faible richesse l'an dernier
Côté richesse en sucre, les chiffres de l’an dernier sont bas. D’un taux compris entre 13% et 14% sur la période de 2010 à 2022, elle atteint 12,6% en 2023. Les exploitants tablent sur un taux moindre pour la fin de la campagne en cours.
La mécanisation de la filière, les conditions climatiques, l’augmentation du prix des intrants, et notamment de la tonne d’engrais, la diminution des usages de produits phytopharmaceutiques, l’utilisation de la coupeuse péi, les agriculteurs pointent divers facteurs qui influent sur les campagnes.
Des aides exceptionnelles qui "ne suffisent plus"
Des aides exceptionnelles pour soutenir la trésorerie des exploitants permettaient jusqu’ici d’amortir les effets des campagnes difficiles, mais d’après les agriculteurs interrogés, elles ne suffisent plus.
Ce mercredi, les syndicats et le préfet sont réunis une nouvelle fois en préfecture pour tenter de trouver des solutions et endiguer les conséquences sur les planteurs d’une campagne 2024 qu’ils annoncent encore plus mauvaise que les précédentes, et donner un nouveau souffle à la filière.


