Éricka Bareigts suggère aux Dionysiens l'alternative de la crémation

À l'occasion de la mise en service du nouveau four à crémation de la ville, la maire de Saint-Denis Éricka Bareigts a souligné que l'incinération représentait aujourd'hui 50% des funérailles sur son territoire. Pour la collectivité, la crémation permet de limiter la contrainte liée à la rareté du foncier disponible.
Il était hors de fonction depuis le passage du cyclone Garance en février dernier, mais montrait des signes de fatigue depuis plusieurs années déjà. Au point que la mairie de Saint-Denis avait engagé depuis deux ans les démarches pour en acheter un nouveau.
« Le premier four à crémation de Saint-Denis a été installé en 1989. On avait deux fours en réalité, pour une capacité de 1.000 services. Ils sont tombés en panne plusieurs fois, il était temps de changer de produit. Le problème, c'est qu'il n'y a pas d'entreprise française qui en fabrique et nos appels d'offres ont été infructueux », a retracé Éricka Bareigts ce mardi 12 août à l'occasion d'une conférence de presse devant le crématorium de Primat.
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Mis en service la veille, le four à crémation importé d'Angleterre pour un investissement d'un million d'euros (dont 450.000 euros de la Cinor) vient soulager un peu la douleur des familles. Depuis six mois, les défunts étaient incinérés à Saint-Pierre, à l'autre bout de l'île, compliquant l'organisation des cérémonies.
À Saint-Denis, la crémation représente 50% des funérailles
La mairie de Saint-Denis souligne que la « capitale de l'île », comme elle aime à l'appeler, recueille de nombreux défunts issus des communes voisines, voire de bien plus loin. Une « générosité » du service public dont elle est « fière », mais dont elle souhaiterait « que tout le monde se rende compte ».
Le nouveau four à crémation, d'une capacité de 2.000 services par an et fonctionnant au gaz, vient répondre à une demande de plus en plus forte de la population. Selon Éricka Bareigts, la crémation est choisie comme rite funéraire pour 50% des personnes prises en charge dans les cimetières de la commune.

« En début du mandat, on était à 20%. Mais la crémation, c'est aussi une part de notre culture », fait-elle valoir, en ne faisant pas mystère du fait qu'elle « incite » ses administrés à préférer ce rite à l'enterrement. Comme toutes les communes de l'île, Saint-Denis se heurte à la problématique du foncier : sitôt agrandis ou presque, les cimetières affichent complet.
« On installe des columbariums dans les cimetières des Hauts »
Si l'espérance de vie est de 84,1 ans chez les femmes réunionnaises et de 78,5 ans pour les hommes (chiffres Insee de 2024), l'accroissement de la population dans l'île (896.200 habitants) limite les perspectives : repousser les murs des cimetières, quand c'est encore possible comme à la Montagne (projet d'extension en cours), ou favoriser la crémation en essayant de convaincre la part de population la plus réticente.
« On installe des columbariums dans les cimetières des Hauts, comme à la Montagne ou au Brûlé, pour que les familles puissent se recueillir au plus près de leurs défunts », souligne Christèle Beaumier, élue municipale en charge des affaires funéraires.
Outre le jardin du souvenir permettant l'organisation de cérémonies, le crématorium de Primat dispose depuis peu de puits de dispersion. La mairie évoque un projet de cavurne, un terme qui désigne un caveau réunissant plusieurs urnes. Une façon aussi, de proposer un compromis entre sépulture et columbarium.



